Le solaire se banalise. C’est ce que laisse penser l’inauguration de l’usine de cellules photovoltaïques de Konarka, dans le Massachusetts (Etats-Unis). Une ancienne usine de films photographique cédée par Polaroid avant d’être reconditionnée pour produire chaque année mille mégawatts de cellules solaires en plastique. Car, contrairement à la plupart des technologies produites en masse, les cellules de Konarka seront faites à partir d’un procédé d’imprimerie et non de la coûteuse gravure de galettes de silicium.
Pas moins de dix millions de mètres carrés sortiront chaque année de l’usine. Ces cellules souples devraient rapidement être intégrées dans des sacs, parasols pour restaurants et toutes sortes d’objets capables de profiter de leur propriétés mécaniques. Elles seront commercialisées dans toute une gamme de couleurs.
Après trois ans de tests d’une installation pilote, le démarrage de la production de l’usine de Lowell fait entrer le solaire électrique dans une ère nouvelle. Car la durée de vie des cellules de Konarka n’excède pas quelques années, contre vingt à trente ans pour les panneaux solaires conventionnels. De plus, le rendement sera très faible (3% à 5%) soit trois à cinq fois moins que la plupart des cellules conventionnelles dont le coût de fabrication est en revanche dix fois plus élevé. Les produits de Konarka devraient également être produits, sous licence, en Europe. Il y a trois ans, la firme avait acquis les activités de recherche sur les cellules solaires plastiques du géant Siemens. Konarka a également établi un partenariat avec EDF il y a cinq ans.
Les chercheurs de Konarka, conduits par Alan Heeger, Nobel de Physique 2000 pour ses travaux sur les polymères conducteurs, espèrent doubler très rapidement le rendement de leurs cellules afin de les rendre compétitives avec d’autres modes de production d’électricité. En attendant, le solaire a déjà franchi les portes de la société de consommation et du règne du produit jetable. A quand une filière de recyclage?
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