Vos Poèmes Préférés...?

Pour débattre de la scène littéraire et des différents courants de la pensée, dans l'histoire et dans l'actualité ...

Modérateurs: Les Amazones, Les Chevaliers




Messagede ERSGUTERJUNGE le 11 Déc 2007, 18:18

un poeme de nizar 9abbeni ou une femme s'adresse a son mari et le quitte.... M#### j'ai oublié le titre... :(
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Messagede chichkhana le 14 Déc 2007, 04:55

À Madame X...

En lui envoyant une pensée

Au temps où vous m'aimiez (bien sûr ?)
Vous m'envoyâtes, fraîche éclose,
Une chère petite rose,
Frais emblème, message pur.

Elle disait en son langage
Les " serments du premier amour " :
Votre coeur à moi pour toujours
Et toutes les choses d'usage.

Trois ans sont passés. Nous voilà !
Mais moi j'ai gardé la mémoire
De votre rose, et c'est ma gloire
De penser encore à cela.

Hélas ! si j'ai la souvenance,
Je n'ai plus la fleur, ni le coeur !
Elle est aux quatre vents, la fleur.
Le coeur ? Mais, voici que j'y pense,

Fut-il mien jamais ? entre nous ?
Moi, le mien bat toujours le même,
Il est toujours simple. Un emblème
À mon tour. Dites, voulez-vous

Que, tout pesé, je vous envoie,
Triste sélam, mais c'est ainsi,
Cette pauvre négresse-ci ?
Elle n'est pas couleur de joie,

Mais elle est couleur de mon coeur ;
Je l'ai cueillie à quelque fente
Du pavé captif que j'arpente
En ce lieu de juste douleur.

A-t-elle besoin d'autres preuves ?
Acceptez-la pour le plaisir.
J'ai tant fait que de la cueillir,
Et c'est presque une fleur-des-veuves.

1873.

Paul Verlaine
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Messagede chichkhana le 09 Jan 2008, 04:37

Familiale


La mère fait du tricot
Le fils fait la guerre
Elle trouve ça tout naturel la mère
Et le père qu'est-ce qu'il fait le père?
Il fait des affaires
Sa femme fait du tricot
Son fils la guerre
Lui des affaires
Il trouve ça tout naturel le père
Et le fils et le fils
Qu'est-ce qu'il trouve le fils?
Il ne trouve absolument rien le fils
Le fils sa mère fait du tricot son père des affaires lui la guerre
Quand il aura fini la guerre
Il fera des affaires avec son père
La guerre continue la mère continue elle tricote
Le père continue il fait des affaires
Le fils est tué il ne continue plus
Le père et la mère vont au cimetière
Ils trouvent ça naturel le père et la mère
La vie continue la vie avec le tricot la guerre les affaires
Les affaires la guerre le tricot la guerre
Les affaires les affaires et les affaires
La vie avec le cimetière.


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Messagede chichkhana le 17 Jan 2008, 04:28

Le Pont Mirabeau


Sous le pont Mirabeau coule la Seine
Et nos amours
Faut-il qu'il m'en souvienne
La joie venait toujours après la peine

Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure

Les mains dans les mains restons face à face
Tandis que sous
Le pont de nos bras passe
Des éternels regards l'onde si lasse

Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure

L'amour s'en va comme cette eau courante
L'amour s'en va
Comme la vie est lente
Et comme l'Espérance est violente

Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure

Passent les jours et passent les semaines
Ni temps passé
Ni les amours reviennent
Sous le pont Mirabeau coule la Seine

Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure


Guillaume Apollinaire (1880 - 1918)
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Messagede styloubic le 10 Mar 2008, 05:47

" Il ne faut pas laisser les intellectuels jouer avec les allumettes,
Parce que Messssieurs quand on le laisse seul,
Le monde mental Messsssieurs
N'est pas du tout brillant,
Et si tôt qu'il est seul
Travaille arbitrairement,
S'érigeant soi-même,
Et soi-disant généreusement en l'honneur des travailleurs du bâtiment,
Un auto-monument,
Répétons-le Messsssieurs,
Quand on le laisse seul,
Le monde mental
Ment,
Monumentalement."

Jacques Prévert.
entre-temps, je dessine..
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Messagede chichkhana le 01 Avr 2008, 03:39

Un jour Un jour


Tout ce que l'homme fut de grand et de sublime
Sa protestation ses chants et ses héros
Au dessus de ce corps et contre ses bourreaux
A Grenade aujourd'hui surgit devant le crime

Et cette bouche absente et Lorca qui s'est tu
Emplissant tout à coup l'univers de silence
Contre les violents tourne la violence
Dieu le fracas que fait un poète qu'on tue

Un jour pourtant un jour viendra couleur d'orange
Un jour de palme un jour de feuillages au front
Un jour d'épaule nue où les gens s'aimeront
Un jour comme un oiseau sur la plus haute branche


Ah je désespérais de mes frères sauvages
Je voyais je voyais l'avenir à genoux
La Bête triomphante et la pierre sur nous
Et le feu des soldats porté sur nos rivages

Quoi toujours ce serait par atroce marché
Un partage incessant que se font de la terre
Entre eux ces assassins que craignent les panthères
Et dont tremble un poignard quand leur main l'a touché

Un jour pourtant un jour viendra couleur d'orange
Un jour de palme un jour de feuillages au front
Un jour d'épaule nue où les gens s'aimeront
Un jour comme un oiseau sur la plus haute branche

Quoi toujours ce serait la guerre la querelle
Des manières de rois et des fronts prosternés
Et l'enfant de la femme inutilement né
Les blés déchiquetés toujours des sauterelles

Quoi les bagnes toujours et la chair sous la roue
Le massacre toujours justifié d'idoles
Aux cadavres jeté ce manteau de paroles
Le bâillon pour la bouche et pour la main le clou

Un jour pourtant un jour viendra couleur d'orange
Un jour de palme un jour de feuillages au front
Un jour d'épaule nue où les gens s'aimeront
Un jour comme un oiseau sur la plus haute branche



Louis Aragon
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Re: Vos Poèmes Préférés...?

Messagede Cerise le 02 Sep 2008, 15:42

Elle est déjà très belle,
Sans artifice, au naturel.
Mais avant de sortir s’amuser,
Elle a opéré un rituel sacré.
Elle s’est tartinée de crèmes – d’onguents
Et de peintures coordonnées.
Dans l’air elle a vaporisé – un trait seulement
De son parfum préféré
Qui affole les sens des hommes (puissants ?),
Ses victimes avérées.
Elle s’est glissée dans une robe bien taillée…
Des reflets mordorés
Sur un tissu précieux
Un coloris discret
Pour un décolleté audacieux.
Elle a savamment relevé sa chevelure bouclée…
Dans un désordre très structuré,
En un chignon moderne et stylé
Et bien plus sauvage qu’improvisé.
Au millimètre près,
Elle a tout réglé
Jusqu’à cet air confiant et détaché
Qu’elle devra afficher dès son arrivée.
Et, bien protégée
Sous son armure de prêt-à-porter,
Superbement portée
Par le prestige de ses tissus griffés,
Assurément valorisée
Par de jolies couleurs sur ses joues de poupée,
Elle est plus jolie ainsi,
Du moins c’est ce qu’elle se dit,
Et elle s’en persuade tellement,
Qu’à la fin, elle le devient vraiment.
Dans la pénombre feutrée d’une boîte branchée,
Sous les lumières arc-en-ciel de projecteurs excités,
Il lui suffira de quelques sourires incendiaires,
D’accepter de boire un, peut-être deux verres,
De danser en un corps à corps sensuel et cadencé
Et de dire oui à celui qui voudra la raccompagner.
Alors, elle lui proposera de monter,
Pour boire un bon café,
Ou pour parler,
Et elle l’aura pour toute la nuit,
A défaut de le garder pour la vie.
Pour la vie,
Quelques sourires échangés, aimantés,
Et un brin de conversation enflammée
Auraient suffit.
Pas de maquillage outrancier,
Pas de vêtements griffés,
Ni même de décolletés ravagés,
Pas plus que ses autres superfluités.
Elle aurait choisi un bar cosy
Où l’on peut facilement discuter,
Autour d’un gin ou d’un martini,
Au rythme d’une musique tamisée.
Là bas, elle l’aurait repéré, Lui,
Si différent, si particulier,
Ils auraient discuté et ri,
Discuté encore, et aussi dansé.
Sans prétention,
Sans intentions,
A l’écouter, à le regarder,
A lui plaire, à l’amuser,
Sans même l’avoir cherché,
Elle l’aurait trouvé…
La morale de cette histoire est la suivante,
Elle est simple et, ma foi, évidente :
S’il est aisé de trouver un homme
A mettre dans son lit
Il est plus dur de trouver l’Homme
A mettre dans sa vie.
Et si la recette pour provoquer l’Amour existait,
Elle figurerait à coup sur dans le dernier Maïté,
Mais dans ce domaine rien ne sert de préméditer,
On ne s’improvise pas âmes sœurs, on l’est.
Quand le sage montre la lune,le con regarde le doigt.

Partir c'est mourir un peu,mourir c'est partir beaucoup.

Qui vole un bœuf..est vachement musclé :))

Sauvez les kangourous,mettez des caleçons..(dédié à utopia123)
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Re: Vos Poèmes Préférés...?

Messagede hyba le 07 Oct 2008, 17:45

ce n'est pas un poeme à proprement dire, mais une scene tirée d'une piece de theatre qui me fait sourire



Molière, L’Avare, acte IV, scène 7

Harpagon (Il crie au voleur dès le jardin, et vient sans chapeau.) : Au voleur ! Au voleur ! A l’assassin ! Au meurtrier ! Justice, juste ciel ! Je suis perdu, je suis assassiné, on m’a coupé la gorge, on m’a dérobé mon argent. Qui peut-ce être ? Qu’est-il devenu ? Où est-il ? Où se cache-t-il ? Que ferai-je pour le trouver ? Où courir ? Où ne pas courir ? N’est-il point là ? N’est-il point ici ? Qui est-ce ? Arrête. Rends-moi mon argent, coquin… (il se prend lui-même le bras.) Ah ! C’est moi. Mon esprit est troublé, et j’ignore où je suis, qui je suis, et ce que je fais. Hélas ! Mon pauvre argent, mon pauvre argent, mon cher ami ! On m’a privé de toi ; et puisque tu m’ es enlevé, j’ ai perdu mon support, ma consolation, ma joie ; tout est fini pour moi, et je n’ ai plus que faire au monde : sans toi, il m’est impossible de vivre. C’en est fait, je n’en puis plus ; je me meurs, je suis mort, je suis enterré. N’ y a-t-il personne qui veuille me ressusciter, en me rendant mon cher argent, ou en m’apprenant qui l’a pris ? Euh ? Que dites-vous ? Ce n’est personne. Il faut, qui que ce soit qui ait fait le coup, qu’avec beaucoup de soin on ait épié l’heure ; et l’on a choisi justement le temps que je parlois à mon traître de fils. Sortons. Je veux aller querir la justice, et faire donner la question à toute la maison : à servantes, à valets, à fils, à fille, et à moi aussi. Que de gens assemblés ! Je ne jette mes regards sur personne qui ne me donne des soupçons, et tout me semble mon voleur. Eh ! De quoi est-ce qu’on parle là ? De celui qui m’a dérobé ? Quel bruit fait-on là-haut ? Est-ce mon voleur qui y est ? De grâce, si l’on sait des nouvelles de mon voleur, je supplie que l’on m’en dise. N’est-il point caché là parmi vous ? Ils me regardent tous, et se mettent à rire. Vous verrez qu’ils ont part sans doute au vol que l’on m’a fait. Allons vite, des commissaires, des archers, des prévôts, des juges, des gênes, des potences et des bourreaux. Je veux faire pendre tout le monde ; et si je ne retrouve mon argent, je me pendrai moi-même après.
Dis à qui porte douleur, jamais ici chagrin ne dure.
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Re: Vos Poèmes Préférés...?

Messagede hyba le 07 Oct 2008, 17:49

Mon âne

Je témoigne à mon âne
Une amitié profane
Sentiment très profond
Je pressens dans le fond
Cette immense injustice
Dont les ânes patissent.

On les prétend tétus
Sans la moindre vertu
Sans qualité aucune
Mais remplis de rancune.

Pour comble de l'horreur
On a poussé l'erreur
A les trouver stupides
Fades et insipides.

Mais tout est archi-faux
Ils n'ont pas ces défauts,
Ils sont doux et fidèles
Et de vertu modèle.

Bien plus intelligents
Que bien souvent des gens
Qui ne savent que braire
Quand ils devraient se taire !

B. Casadeus
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Re: Vos Poèmes Préférés...?

Messagede sidiEl3arbi le 07 Oct 2008, 19:32

انا الفتى النظيف مهذب لطيف
اقوم بالصباح اسعى الى الفلاح
فأغسل اليدين والوجه والرجلين
والبس الثياب واحمل الكتاب
واسير نحو العلم بهمة وعزم


سيدي المعلم
ابتسم و القلب يقطر دما

الفم يضحك و العيون غضابا
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Re: Vos Poèmes Préférés...?

Messagede hyba le 07 Oct 2008, 22:47

yé 7asra yé Sidiel 3arbi rajja3tna lil ibtydé2i .... :))
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Re: Vos Poèmes Préférés...?

Messagede mayalabeille le 08 Oct 2008, 14:48

Je suis comme je suis

Je suis comme je suis
Je suis faite comme ça
Quand j'ai envie de rire
Oui je ris aux éclats
J'aime celui qui m'aime
Est-ce ma faute à moi
Si ce n'est pas le même
Que j'aime à chaque fois
Je suis comme je suis
Je suis faite comme ça
Que voulez-vous de plus
Que voulez-vous de moi

Je suis faite pour plaire
Et n'y puis rien changer
Mes talons sont trop hauts
Ma taille trop cambrée
Mes seins beaucoup trop durs
Et mes yeux trop cernés
Et puis après
Qu'est-ce que ça peut vous faire
Je suis comme je suis
Je plais à qui je plais
Qu'est-ce que ça peut vous faire
Ce qui m'est arrivé
Oui j'ai aimé quelqu'un
Oui quelqu'un m'a aimée
Comme les enfants qui s'aiment
Simplement savent aimer
Aimer aimer...
Pourquoi me questionner
Je suis là pour vous plaire
Et n'y puis rien changer.



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Re: Vos Poèmes Préférés...?

Messagede hyba le 08 Oct 2008, 15:24

Alphonse de LAMARTINE (1790-1869)


Le lac
Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages,
Dans la nuit éternelle emportés sans retour,
Ne pourrons-nous jamais sur l'océan des âges
Jeter l'ancre un seul jour ?

Ô lac ! l'année à peine a fini sa carrière,
Et près des flots chéris qu'elle devait revoir,
Regarde ! je viens seul m'asseoir sur cette pierre
Où tu la vis s'asseoir !

Tu mugissais ainsi sous ces roches profondes,
Ainsi tu te brisais sur leurs flancs déchirés,
Ainsi le vent jetait l'écume de tes ondes
Sur ses pieds adorés.

Un soir, t'en souvient-il ? nous voguions en silence ;
On n'entendait au loin, sur l'onde et sous les cieux,
Que le bruit des rameurs qui frappaient en cadence
Tes flots harmonieux.

Tout à coup des accents inconnus à la terre
Du rivage charmé frappèrent les échos ;
Le flot fut attentif, et la voix qui m'est chère
Laissa tomber ces mots :

" Ô temps ! suspends ton vol, et vous, heures propices !
Suspendez votre cours :
Laissez-nous savourer les rapides délices
Des plus beaux de nos jours !

" Assez de malheureux ici-bas vous implorent,
Coulez, coulez pour eux ;
Prenez avec leurs jours les soins qui les dévorent ;
Oubliez les heureux.

" Mais je demande en vain quelques moments encore,
Le temps m'échappe et fuit ;
Je dis à cette nuit : Sois plus lente ; et l'aurore
Va dissiper la nuit.

" Aimons donc, aimons donc ! de l'heure fugitive,
Hâtons-nous, jouissons !
L'homme n'a point de port, le temps n'a point de rive ;
Il coule, et nous passons ! "

Temps jaloux, se peut-il que ces moments d'ivresse,
Où l'amour à longs flots nous verse le bonheur,
S'envolent loin de nous de la même vitesse
Que les jours de malheur ?

Eh quoi ! n'en pourrons-nous fixer au moins la trace ?
Quoi ! passés pour jamais ! quoi ! tout entiers perdus !
Ce temps qui les donna, ce temps qui les efface,
Ne nous les rendra plus !

Éternité, néant, passé, sombres abîmes,
Que faites-vous des jours que vous engloutissez ?
Parlez : nous rendrez-vous ces extases sublimes
Que vous nous ravissez ?

Ô lac ! rochers muets ! grottes ! forêt obscure !
Vous, que le temps épargne ou qu'il peut rajeunir,
Gardez de cette nuit, gardez, belle nature,
Au moins le souvenir !

Qu'il soit dans ton repos, qu'il soit dans tes orages,
Beau lac, et dans l'aspect de tes riants coteaux,
Et dans ces noirs sapins, et dans ces rocs sauvages
Qui pendent sur tes eaux.

Qu'il soit dans le zéphyr qui frémit et qui passe,
Dans les bruits de tes bords par tes bords répétés,
Dans l'astre au front d'argent qui blanchit ta surface
De ses molles clartés.

Que le vent qui gémit, le roseau qui soupire,
Que les parfums légers de ton air embaumé,
Que tout ce qu'on entend, l'on voit ou l'on respire,
Tout dise : Ils ont aimé !
Dis à qui porte douleur, jamais ici chagrin ne dure.
Avec le temps passe bonheur, avec le temps douleur ne dure...
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Re: Vos Poèmes Préférés...?

Messagede SalmouChaA le 09 Oct 2008, 11:15

Pauvre Martin
Paroles: Georges Brassens. Musique: Georges Brassens 1954


Avec une bêche à l'épaule,
Avec, à la lèvre, un doux chant,
Avec, à la lèvre, un doux chant,
Avec, à l'âme, un grand courage,
Il s'en allait trimer aux champs!

Pauvre Martin, pauvre misère,
Creuse la terre, creuse le temps!

Pour gagner le pain de sa vie,
De l'aurore jusqu'au couchant,
De l'aurore jusqu'au couchant,
Il s'en allait bêcher la terre
En tous les lieux, par tous les temps!

Pauvre Martin, pauvre misère,
Creuse la terre, creuse le temps!

Sans laisser voir, sur son visage,
Ni l'air jaloux ni l'air méchant,
Ni l'air jaloux ni l'air méchant,
Il retournait le champ des autres,
Toujours bêchant, toujours bêchant!

Pauvre Martin, pauvre misère,
Creuse la terre, creuse le temps!

Et quand la mort lui a fait signe
De labourer son dernier champ,
De labourer son dernier champ,
Il creusa lui-même sa tombe
En faisant vite, en se cachant...

Pauvre Martin, pauvre misère,
Creuse la terre, creuse le temps!

Il creusa lui-même sa tombe
En faisant vite, en se cachant,
En faisant vite, en se cachant,
Et s'y étendit sans rien dire
Pour ne pas déranger les gens...

Pauvre Martin, pauvre misère,
Dors sous la terre, dors sous le temps!




(elle me rend si triste cette chanson...)
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