LE PONT DES ARTS
The bridge of arts
Gisr'oul founoun
Étendu si fier à la lumière du jour finissant
Sous un regard de braise qui plonge
Ses bras d'acier et d'un bois noble noyé
De mille caresses et de baisers
Patient et impassible, le corps usé
Par les pas lourds de ces penseurs dorés
Et les palabres amoureuses de ses rêveurs et d'illuminés
Les pieds dans l'eau il songe
De sentir le poids des têtes couronnées
Et de revoir encore ses nobles assassinés
Tout en musique
Il m'a accueilli,
Haute en couleurs,
Des jolies notes, subtilement rythmées
Des sombres et des plus claires
Sous son toit d'ébène étoilé
savez vous donc mes chers amis ce que le pont m'a récité?
C'est ce conte d'une reine,
Eux eaux douces, cuirassée, citadine
Qu'il aimerait un jour la voir remonter...
Que d'un baiser, elle briserait ses chaînes
Pour qu'il navigue enfin
Soigner ses peines.
Peines! de tant de haine
Et d'esprits cupides
Et ses chagrins
D'une histoire amère et parfois stupide.
Il m'avait dit qu'il était libre
Bien que ses pierres le tiennent au fond
Il m'avait dit qu'il était ivre
De tant de rêves,
Chaque jour vécu de l'astre levant
Poète moderne armé d'une boite
Nommée la noire de mes désires
Je l'ai figé, par tous les angles
vitesse réduite, toujours en main
Pour vous séduire et faire paraître
Certains délires et mes déboires
Hélas, souvent, toujours, en vain
Poème sans règles mais tant d'amour
Pour cette forme d'un arrière plan
D'une ville lumière, mais tellement sombre
Qu'il n' y voit de l'ombre qu'à minuit vingt
Dernier métro et "noctombus"
Des pousses tendus et des stoppeuses
Et la névrose de jeunes tendus
l'appel du coeur ou d'une demeure
Paris s'endorme mais Paris louis
de mille étoiles, de sans abris
d'un Abbé Pierre et d'un Le Pen
des enfants libres mais enchaînés
Paris en larme et Paris fuit
Toutes ses douleurs et ses chagrins
Mais Paris libre, comme il a dit
notre bourreau, leur doux sauveur
C'est la dernière d'un bon bourgogne,
Des Tuileries, aligoté
À douze degrés, qu'il faut boire jeune
Mais quel effet, quel bon bouquet
La chose est claire, comme ce bon vin
Il faut savoir le déguster
Il est parfait, sec et typé
Qu'il ne faut guère brusquer
Ce pont, enfin, porte un beau nom
dédié aux arts, aux amoureux
D'une vie si saine
Qu'on ne peut voir
Ni même savoir imaginer
C'est une passerelle, comme dirait l'autre
Entre palais et gens du savoir
Un petit pont, un trait d'union
Entre deux mondes, d'un même espoir
L'espoir de vivre
Tout simplement
Et dignement entre les Hommes
Le rêve d'un ivre, très consciemment
D'écrire un livre, un testament
Ma phrase est longue, Ô que je crains
L'indifférence et le déclin
De ces âmes libres et leurs destins
Ma vie,
Ma trajectoire
Et sans doute ma triste fin.
...Je ne suis sans doute pas ce qui je suis
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