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de chichkhana le 01 Avr 2008, 03:39
Un jour Un jour
Tout ce que l'homme fut de grand et de sublime
Sa protestation ses chants et ses héros
Au dessus de ce corps et contre ses bourreaux
A Grenade aujourd'hui surgit devant le crime
Et cette bouche absente et Lorca qui s'est tu
Emplissant tout à coup l'univers de silence
Contre les violents tourne la violence
Dieu le fracas que fait un poète qu'on tue
Un jour pourtant un jour viendra couleur d'orange Un jour de palme un jour de feuillages au front Un jour d'épaule nue où les gens s'aimeront Un jour comme un oiseau sur la plus haute branche
Ah je désespérais de mes frères sauvages
Je voyais je voyais l'avenir à genoux
La Bête triomphante et la pierre sur nous
Et le feu des soldats porté sur nos rivages
Quoi toujours ce serait par atroce marché
Un partage incessant que se font de la terre
Entre eux ces assassins que craignent les panthères
Et dont tremble un poignard quand leur main l'a touché
Un jour pourtant un jour viendra couleur d'orange Un jour de palme un jour de feuillages au front Un jour d'épaule nue où les gens s'aimeront Un jour comme un oiseau sur la plus haute branche
Quoi toujours ce serait la guerre la querelle
Des manières de rois et des fronts prosternés
Et l'enfant de la femme inutilement né
Les blés déchiquetés toujours des sauterelles
Quoi les bagnes toujours et la chair sous la roue
Le massacre toujours justifié d'idoles
Aux cadavres jeté ce manteau de paroles
Le bâillon pour la bouche et pour la main le clou
Un jour pourtant un jour viendra couleur d'orange Un jour de palme un jour de feuillages au front Un jour d'épaule nue où les gens s'aimeront Un jour comme un oiseau sur la plus haute branche
Louis Aragon
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chichkhana
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de Cerise le 02 Sep 2008, 15:42
Elle est déjà très belle, Sans artifice, au naturel. Mais avant de sortir s’amuser, Elle a opéré un rituel sacré. Elle s’est tartinée de crèmes – d’onguents Et de peintures coordonnées. Dans l’air elle a vaporisé – un trait seulement De son parfum préféré Qui affole les sens des hommes (puissants ?), Ses victimes avérées. Elle s’est glissée dans une robe bien taillée… Des reflets mordorés Sur un tissu précieux Un coloris discret Pour un décolleté audacieux. Elle a savamment relevé sa chevelure bouclée… Dans un désordre très structuré, En un chignon moderne et stylé Et bien plus sauvage qu’improvisé. Au millimètre près, Elle a tout réglé Jusqu’à cet air confiant et détaché Qu’elle devra afficher dès son arrivée. Et, bien protégée Sous son armure de prêt-à-porter, Superbement portée Par le prestige de ses tissus griffés, Assurément valorisée Par de jolies couleurs sur ses joues de poupée, Elle est plus jolie ainsi, Du moins c’est ce qu’elle se dit, Et elle s’en persuade tellement, Qu’à la fin, elle le devient vraiment. Dans la pénombre feutrée d’une boîte branchée, Sous les lumières arc-en-ciel de projecteurs excités, Il lui suffira de quelques sourires incendiaires, D’accepter de boire un, peut-être deux verres, De danser en un corps à corps sensuel et cadencé Et de dire oui à celui qui voudra la raccompagner. Alors, elle lui proposera de monter, Pour boire un bon café, Ou pour parler, Et elle l’aura pour toute la nuit, A défaut de le garder pour la vie. Pour la vie, Quelques sourires échangés, aimantés, Et un brin de conversation enflammée Auraient suffit. Pas de maquillage outrancier, Pas de vêtements griffés, Ni même de décolletés ravagés, Pas plus que ses autres superfluités. Elle aurait choisi un bar cosy Où l’on peut facilement discuter, Autour d’un gin ou d’un martini, Au rythme d’une musique tamisée. Là bas, elle l’aurait repéré, Lui, Si différent, si particulier, Ils auraient discuté et ri, Discuté encore, et aussi dansé. Sans prétention, Sans intentions, A l’écouter, à le regarder, A lui plaire, à l’amuser, Sans même l’avoir cherché, Elle l’aurait trouvé… La morale de cette histoire est la suivante, Elle est simple et, ma foi, évidente : S’il est aisé de trouver un homme A mettre dans son lit Il est plus dur de trouver l’Homme A mettre dans sa vie. Et si la recette pour provoquer l’Amour existait, Elle figurerait à coup sur dans le dernier Maïté, Mais dans ce domaine rien ne sert de préméditer, On ne s’improvise pas âmes sœurs, on l’est.
Quand le sage montre la lune,le con regarde le doigt. Partir c'est mourir un peu,mourir c'est partir beaucoup. Qui vole un bœuf..est vachement musclé  Sauvez les kangourous,mettez des caleçons.. (dédié à utopia123)
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de hyba le 07 Oct 2008, 17:45
ce n'est pas un poeme à proprement dire, mais une scene tirée d'une piece de theatre qui me fait sourire
Molière, L’Avare, acte IV, scène 7
Harpagon (Il crie au voleur dès le jardin, et vient sans chapeau.) : Au voleur ! Au voleur ! A l’assassin ! Au meurtrier ! Justice, juste ciel ! Je suis perdu, je suis assassiné, on m’a coupé la gorge, on m’a dérobé mon argent. Qui peut-ce être ? Qu’est-il devenu ? Où est-il ? Où se cache-t-il ? Que ferai-je pour le trouver ? Où courir ? Où ne pas courir ? N’est-il point là ? N’est-il point ici ? Qui est-ce ? Arrête. Rends-moi mon argent, coquin… (il se prend lui-même le bras.) Ah ! C’est moi. Mon esprit est troublé, et j’ignore où je suis, qui je suis, et ce que je fais. Hélas ! Mon pauvre argent, mon pauvre argent, mon cher ami ! On m’a privé de toi ; et puisque tu m’ es enlevé, j’ ai perdu mon support, ma consolation, ma joie ; tout est fini pour moi, et je n’ ai plus que faire au monde : sans toi, il m’est impossible de vivre. C’en est fait, je n’en puis plus ; je me meurs, je suis mort, je suis enterré. N’ y a-t-il personne qui veuille me ressusciter, en me rendant mon cher argent, ou en m’apprenant qui l’a pris ? Euh ? Que dites-vous ? Ce n’est personne. Il faut, qui que ce soit qui ait fait le coup, qu’avec beaucoup de soin on ait épié l’heure ; et l’on a choisi justement le temps que je parlois à mon traître de fils. Sortons. Je veux aller querir la justice, et faire donner la question à toute la maison : à servantes, à valets, à fils, à fille, et à moi aussi. Que de gens assemblés ! Je ne jette mes regards sur personne qui ne me donne des soupçons, et tout me semble mon voleur. Eh ! De quoi est-ce qu’on parle là ? De celui qui m’a dérobé ? Quel bruit fait-on là-haut ? Est-ce mon voleur qui y est ? De grâce, si l’on sait des nouvelles de mon voleur, je supplie que l’on m’en dise. N’est-il point caché là parmi vous ? Ils me regardent tous, et se mettent à rire. Vous verrez qu’ils ont part sans doute au vol que l’on m’a fait. Allons vite, des commissaires, des archers, des prévôts, des juges, des gênes, des potences et des bourreaux. Je veux faire pendre tout le monde ; et si je ne retrouve mon argent, je me pendrai moi-même après.
Dis à qui porte douleur, jamais ici chagrin ne dure. Avec le temps passe bonheur, avec le temps douleur ne dure... Les Mille et une nuits
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de hyba le 07 Oct 2008, 17:49
Mon âne
Je témoigne à mon âne Une amitié profane Sentiment très profond Je pressens dans le fond Cette immense injustice Dont les ânes patissent.
On les prétend tétus Sans la moindre vertu Sans qualité aucune Mais remplis de rancune.
Pour comble de l'horreur On a poussé l'erreur A les trouver stupides Fades et insipides.
Mais tout est archi-faux Ils n'ont pas ces défauts, Ils sont doux et fidèles Et de vertu modèle.
Bien plus intelligents Que bien souvent des gens Qui ne savent que braire Quand ils devraient se taire !
B. Casadeus
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de sidiEl3arbi le 07 Oct 2008, 19:32
انا الفتى النظيف مهذب لطيف اقوم بالصباح اسعى الى الفلاح فأغسل اليدين والوجه والرجلين والبس الثياب واحمل الكتاب واسير نحو العلم بهمة وعزم
سيدي المعلم
ابتسم و القلب يقطر دما
الفم يضحك و العيون غضابا
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de hyba le 07 Oct 2008, 22:47
yé 7asra yé Sidiel 3arbi rajja3tna lil ibtydé2i .... 
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de mayalabeille le 08 Oct 2008, 14:48
Je suis comme je suis
Je suis comme je suis Je suis faite comme ça Quand j'ai envie de rire Oui je ris aux éclats J'aime celui qui m'aime Est-ce ma faute à moi Si ce n'est pas le même Que j'aime à chaque fois Je suis comme je suis Je suis faite comme ça Que voulez-vous de plus Que voulez-vous de moi
Je suis faite pour plaire Et n'y puis rien changer Mes talons sont trop hauts Ma taille trop cambrée Mes seins beaucoup trop durs Et mes yeux trop cernés Et puis après Qu'est-ce que ça peut vous faire Je suis comme je suis Je plais à qui je plais Qu'est-ce que ça peut vous faire Ce qui m'est arrivé Oui j'ai aimé quelqu'un Oui quelqu'un m'a aimée Comme les enfants qui s'aiment Simplement savent aimer Aimer aimer... Pourquoi me questionner Je suis là pour vous plaire Et n'y puis rien changer.
Jacques Prévert
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de hyba le 08 Oct 2008, 15:24
Alphonse de LAMARTINE (1790-1869)
Le lac Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages, Dans la nuit éternelle emportés sans retour, Ne pourrons-nous jamais sur l'océan des âges Jeter l'ancre un seul jour ?
Ô lac ! l'année à peine a fini sa carrière, Et près des flots chéris qu'elle devait revoir, Regarde ! je viens seul m'asseoir sur cette pierre Où tu la vis s'asseoir !
Tu mugissais ainsi sous ces roches profondes, Ainsi tu te brisais sur leurs flancs déchirés, Ainsi le vent jetait l'écume de tes ondes Sur ses pieds adorés.
Un soir, t'en souvient-il ? nous voguions en silence ; On n'entendait au loin, sur l'onde et sous les cieux, Que le bruit des rameurs qui frappaient en cadence Tes flots harmonieux.
Tout à coup des accents inconnus à la terre Du rivage charmé frappèrent les échos ; Le flot fut attentif, et la voix qui m'est chère Laissa tomber ces mots :
" Ô temps ! suspends ton vol, et vous, heures propices ! Suspendez votre cours : Laissez-nous savourer les rapides délices Des plus beaux de nos jours !
" Assez de malheureux ici-bas vous implorent, Coulez, coulez pour eux ; Prenez avec leurs jours les soins qui les dévorent ; Oubliez les heureux.
" Mais je demande en vain quelques moments encore, Le temps m'échappe et fuit ; Je dis à cette nuit : Sois plus lente ; et l'aurore Va dissiper la nuit.
" Aimons donc, aimons donc ! de l'heure fugitive, Hâtons-nous, jouissons ! L'homme n'a point de port, le temps n'a point de rive ; Il coule, et nous passons ! "
Temps jaloux, se peut-il que ces moments d'ivresse, Où l'amour à longs flots nous verse le bonheur, S'envolent loin de nous de la même vitesse Que les jours de malheur ?
Eh quoi ! n'en pourrons-nous fixer au moins la trace ? Quoi ! passés pour jamais ! quoi ! tout entiers perdus ! Ce temps qui les donna, ce temps qui les efface, Ne nous les rendra plus !
Éternité, néant, passé, sombres abîmes, Que faites-vous des jours que vous engloutissez ? Parlez : nous rendrez-vous ces extases sublimes Que vous nous ravissez ?
Ô lac ! rochers muets ! grottes ! forêt obscure ! Vous, que le temps épargne ou qu'il peut rajeunir, Gardez de cette nuit, gardez, belle nature, Au moins le souvenir !
Qu'il soit dans ton repos, qu'il soit dans tes orages, Beau lac, et dans l'aspect de tes riants coteaux, Et dans ces noirs sapins, et dans ces rocs sauvages Qui pendent sur tes eaux.
Qu'il soit dans le zéphyr qui frémit et qui passe, Dans les bruits de tes bords par tes bords répétés, Dans l'astre au front d'argent qui blanchit ta surface De ses molles clartés.
Que le vent qui gémit, le roseau qui soupire, Que les parfums légers de ton air embaumé, Que tout ce qu'on entend, l'on voit ou l'on respire, Tout dise : Ils ont aimé !
Dis à qui porte douleur, jamais ici chagrin ne dure. Avec le temps passe bonheur, avec le temps douleur ne dure... Les Mille et une nuits
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de SalmouChaA le 09 Oct 2008, 11:15
Pauvre Martin Paroles: Georges Brassens. Musique: Georges Brassens 1954
Avec une bêche à l'épaule, Avec, à la lèvre, un doux chant, Avec, à la lèvre, un doux chant, Avec, à l'âme, un grand courage, Il s'en allait trimer aux champs!
Pauvre Martin, pauvre misère, Creuse la terre, creuse le temps!
Pour gagner le pain de sa vie, De l'aurore jusqu'au couchant, De l'aurore jusqu'au couchant, Il s'en allait bêcher la terre En tous les lieux, par tous les temps!
Pauvre Martin, pauvre misère, Creuse la terre, creuse le temps!
Sans laisser voir, sur son visage, Ni l'air jaloux ni l'air méchant, Ni l'air jaloux ni l'air méchant, Il retournait le champ des autres, Toujours bêchant, toujours bêchant!
Pauvre Martin, pauvre misère, Creuse la terre, creuse le temps!
Et quand la mort lui a fait signe De labourer son dernier champ, De labourer son dernier champ, Il creusa lui-même sa tombe En faisant vite, en se cachant...
Pauvre Martin, pauvre misère, Creuse la terre, creuse le temps!
Il creusa lui-même sa tombe En faisant vite, en se cachant, En faisant vite, en se cachant, Et s'y étendit sans rien dire Pour ne pas déranger les gens...
Pauvre Martin, pauvre misère, Dors sous la terre, dors sous le temps!
(elle me rend si triste cette chanson...)

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SalmouChaA
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