Vos Poèmes Préférés...?Modérateurs: Les Amazones, Les Chevaliers
un poeme de nizar 9abbeni ou une femme s'adresse a son mari et le quitte.... M#### j'ai oublié le titre...
À Madame X...
En lui envoyant une pensée Au temps où vous m'aimiez (bien sûr ?) Vous m'envoyâtes, fraîche éclose, Une chère petite rose, Frais emblème, message pur. Elle disait en son langage Les " serments du premier amour " : Votre coeur à moi pour toujours Et toutes les choses d'usage. Trois ans sont passés. Nous voilà ! Mais moi j'ai gardé la mémoire De votre rose, et c'est ma gloire De penser encore à cela. Hélas ! si j'ai la souvenance, Je n'ai plus la fleur, ni le coeur ! Elle est aux quatre vents, la fleur. Le coeur ? Mais, voici que j'y pense, Fut-il mien jamais ? entre nous ? Moi, le mien bat toujours le même, Il est toujours simple. Un emblème À mon tour. Dites, voulez-vous Que, tout pesé, je vous envoie, Triste sélam, mais c'est ainsi, Cette pauvre négresse-ci ? Elle n'est pas couleur de joie, Mais elle est couleur de mon coeur ; Je l'ai cueillie à quelque fente Du pavé captif que j'arpente En ce lieu de juste douleur. A-t-elle besoin d'autres preuves ? Acceptez-la pour le plaisir. J'ai tant fait que de la cueillir, Et c'est presque une fleur-des-veuves. 1873. Paul Verlaine
Familiale
La mère fait du tricot Le fils fait la guerre Elle trouve ça tout naturel la mère Et le père qu'est-ce qu'il fait le père? Il fait des affaires Sa femme fait du tricot Son fils la guerre Lui des affaires Il trouve ça tout naturel le père Et le fils et le fils Qu'est-ce qu'il trouve le fils? Il ne trouve absolument rien le fils Le fils sa mère fait du tricot son père des affaires lui la guerre Quand il aura fini la guerre Il fera des affaires avec son père La guerre continue la mère continue elle tricote Le père continue il fait des affaires Le fils est tué il ne continue plus Le père et la mère vont au cimetière Ils trouvent ça naturel le père et la mère La vie continue la vie avec le tricot la guerre les affaires Les affaires la guerre le tricot la guerre Les affaires les affaires et les affaires La vie avec le cimetière. Jacques Prévert
Le Pont Mirabeau
Sous le pont Mirabeau coule la Seine Et nos amours Faut-il qu'il m'en souvienne La joie venait toujours après la peine Vienne la nuit sonne l'heure Les jours s'en vont je demeure Les mains dans les mains restons face à face Tandis que sous Le pont de nos bras passe Des éternels regards l'onde si lasse Vienne la nuit sonne l'heure Les jours s'en vont je demeure L'amour s'en va comme cette eau courante L'amour s'en va Comme la vie est lente Et comme l'Espérance est violente Vienne la nuit sonne l'heure Les jours s'en vont je demeure Passent les jours et passent les semaines Ni temps passé Ni les amours reviennent Sous le pont Mirabeau coule la Seine Vienne la nuit sonne l'heure Les jours s'en vont je demeure Guillaume Apollinaire (1880 - 1918)
" Il ne faut pas laisser les intellectuels jouer avec les allumettes,
Parce que Messssieurs quand on le laisse seul, Le monde mental Messsssieurs N'est pas du tout brillant, Et si tôt qu'il est seul Travaille arbitrairement, S'érigeant soi-même, Et soi-disant généreusement en l'honneur des travailleurs du bâtiment, Un auto-monument, Répétons-le Messsssieurs, Quand on le laisse seul, Le monde mental Ment, Monumentalement." Jacques Prévert. entre-temps, je dessine..
Un jour Un jour
Tout ce que l'homme fut de grand et de sublime Sa protestation ses chants et ses héros Au dessus de ce corps et contre ses bourreaux A Grenade aujourd'hui surgit devant le crime Et cette bouche absente et Lorca qui s'est tu Emplissant tout à coup l'univers de silence Contre les violents tourne la violence Dieu le fracas que fait un poète qu'on tue Un jour pourtant un jour viendra couleur d'orange Un jour de palme un jour de feuillages au front Un jour d'épaule nue où les gens s'aimeront Un jour comme un oiseau sur la plus haute branche Ah je désespérais de mes frères sauvages Je voyais je voyais l'avenir à genoux La Bête triomphante et la pierre sur nous Et le feu des soldats porté sur nos rivages Quoi toujours ce serait par atroce marché Un partage incessant que se font de la terre Entre eux ces assassins que craignent les panthères Et dont tremble un poignard quand leur main l'a touché Un jour pourtant un jour viendra couleur d'orange Un jour de palme un jour de feuillages au front Un jour d'épaule nue où les gens s'aimeront Un jour comme un oiseau sur la plus haute branche Quoi toujours ce serait la guerre la querelle Des manières de rois et des fronts prosternés Et l'enfant de la femme inutilement né Les blés déchiquetés toujours des sauterelles Quoi les bagnes toujours et la chair sous la roue Le massacre toujours justifié d'idoles Aux cadavres jeté ce manteau de paroles Le bâillon pour la bouche et pour la main le clou Un jour pourtant un jour viendra couleur d'orange Un jour de palme un jour de feuillages au front Un jour d'épaule nue où les gens s'aimeront Un jour comme un oiseau sur la plus haute branche Louis Aragon
Re: Vos Poèmes Préférés...?Elle est déjà très belle,
Sans artifice, au naturel. Mais avant de sortir s’amuser, Elle a opéré un rituel sacré. Elle s’est tartinée de crèmes – d’onguents Et de peintures coordonnées. Dans l’air elle a vaporisé – un trait seulement De son parfum préféré Qui affole les sens des hommes (puissants ?), Ses victimes avérées. Elle s’est glissée dans une robe bien taillée… Des reflets mordorés Sur un tissu précieux Un coloris discret Pour un décolleté audacieux. Elle a savamment relevé sa chevelure bouclée… Dans un désordre très structuré, En un chignon moderne et stylé Et bien plus sauvage qu’improvisé. Au millimètre près, Elle a tout réglé Jusqu’à cet air confiant et détaché Qu’elle devra afficher dès son arrivée. Et, bien protégée Sous son armure de prêt-à-porter, Superbement portée Par le prestige de ses tissus griffés, Assurément valorisée Par de jolies couleurs sur ses joues de poupée, Elle est plus jolie ainsi, Du moins c’est ce qu’elle se dit, Et elle s’en persuade tellement, Qu’à la fin, elle le devient vraiment. Dans la pénombre feutrée d’une boîte branchée, Sous les lumières arc-en-ciel de projecteurs excités, Il lui suffira de quelques sourires incendiaires, D’accepter de boire un, peut-être deux verres, De danser en un corps à corps sensuel et cadencé Et de dire oui à celui qui voudra la raccompagner. Alors, elle lui proposera de monter, Pour boire un bon café, Ou pour parler, Et elle l’aura pour toute la nuit, A défaut de le garder pour la vie. Pour la vie, Quelques sourires échangés, aimantés, Et un brin de conversation enflammée Auraient suffit. Pas de maquillage outrancier, Pas de vêtements griffés, Ni même de décolletés ravagés, Pas plus que ses autres superfluités. Elle aurait choisi un bar cosy Où l’on peut facilement discuter, Autour d’un gin ou d’un martini, Au rythme d’une musique tamisée. Là bas, elle l’aurait repéré, Lui, Si différent, si particulier, Ils auraient discuté et ri, Discuté encore, et aussi dansé. Sans prétention, Sans intentions, A l’écouter, à le regarder, A lui plaire, à l’amuser, Sans même l’avoir cherché, Elle l’aurait trouvé… La morale de cette histoire est la suivante, Elle est simple et, ma foi, évidente : S’il est aisé de trouver un homme A mettre dans son lit Il est plus dur de trouver l’Homme A mettre dans sa vie. Et si la recette pour provoquer l’Amour existait, Elle figurerait à coup sur dans le dernier Maïté, Mais dans ce domaine rien ne sert de préméditer, On ne s’improvise pas âmes sœurs, on l’est. Quand le sage montre la lune,le con regarde le doigt.
Partir c'est mourir un peu,mourir c'est partir beaucoup. Qui vole un bœuf..est vachement musclé ![]() Sauvez les kangourous,mettez des caleçons..(dédié à utopia123)
Re: Vos Poèmes Préférés...?ce n'est pas un poeme à proprement dire, mais une scene tirée d'une piece de theatre qui me fait sourire
Molière, L’Avare, acte IV, scène 7 Harpagon (Il crie au voleur dès le jardin, et vient sans chapeau.) : Au voleur ! Au voleur ! A l’assassin ! Au meurtrier ! Justice, juste ciel ! Je suis perdu, je suis assassiné, on m’a coupé la gorge, on m’a dérobé mon argent. Qui peut-ce être ? Qu’est-il devenu ? Où est-il ? Où se cache-t-il ? Que ferai-je pour le trouver ? Où courir ? Où ne pas courir ? N’est-il point là ? N’est-il point ici ? Qui est-ce ? Arrête. Rends-moi mon argent, coquin… (il se prend lui-même le bras.) Ah ! C’est moi. Mon esprit est troublé, et j’ignore où je suis, qui je suis, et ce que je fais. Hélas ! Mon pauvre argent, mon pauvre argent, mon cher ami ! On m’a privé de toi ; et puisque tu m’ es enlevé, j’ ai perdu mon support, ma consolation, ma joie ; tout est fini pour moi, et je n’ ai plus que faire au monde : sans toi, il m’est impossible de vivre. C’en est fait, je n’en puis plus ; je me meurs, je suis mort, je suis enterré. N’ y a-t-il personne qui veuille me ressusciter, en me rendant mon cher argent, ou en m’apprenant qui l’a pris ? Euh ? Que dites-vous ? Ce n’est personne. Il faut, qui que ce soit qui ait fait le coup, qu’avec beaucoup de soin on ait épié l’heure ; et l’on a choisi justement le temps que je parlois à mon traître de fils. Sortons. Je veux aller querir la justice, et faire donner la question à toute la maison : à servantes, à valets, à fils, à fille, et à moi aussi. Que de gens assemblés ! Je ne jette mes regards sur personne qui ne me donne des soupçons, et tout me semble mon voleur. Eh ! De quoi est-ce qu’on parle là ? De celui qui m’a dérobé ? Quel bruit fait-on là-haut ? Est-ce mon voleur qui y est ? De grâce, si l’on sait des nouvelles de mon voleur, je supplie que l’on m’en dise. N’est-il point caché là parmi vous ? Ils me regardent tous, et se mettent à rire. Vous verrez qu’ils ont part sans doute au vol que l’on m’a fait. Allons vite, des commissaires, des archers, des prévôts, des juges, des gênes, des potences et des bourreaux. Je veux faire pendre tout le monde ; et si je ne retrouve mon argent, je me pendrai moi-même après. Dis à qui porte douleur, jamais ici chagrin ne dure.
Avec le temps passe bonheur, avec le temps douleur ne dure... Les Mille et une nuits
Re: Vos Poèmes Préférés...?Mon âne
Je témoigne à mon âne Une amitié profane Sentiment très profond Je pressens dans le fond Cette immense injustice Dont les ânes patissent. On les prétend tétus Sans la moindre vertu Sans qualité aucune Mais remplis de rancune. Pour comble de l'horreur On a poussé l'erreur A les trouver stupides Fades et insipides. Mais tout est archi-faux Ils n'ont pas ces défauts, Ils sont doux et fidèles Et de vertu modèle. Bien plus intelligents Que bien souvent des gens Qui ne savent que braire Quand ils devraient se taire ! B. Casadeus Dis à qui porte douleur, jamais ici chagrin ne dure.
Avec le temps passe bonheur, avec le temps douleur ne dure... Les Mille et une nuits
Re: Vos Poèmes Préférés...?انا الفتى النظيف مهذب لطيف
اقوم بالصباح اسعى الى الفلاح فأغسل اليدين والوجه والرجلين والبس الثياب واحمل الكتاب واسير نحو العلم بهمة وعزم سيدي المعلم ابتسم و القلب يقطر دما
الفم يضحك و العيون غضابا
Re: Vos Poèmes Préférés...?yé 7asra yé Sidiel 3arbi rajja3tna lil ibtydé2i ....
![]() Dis à qui porte douleur, jamais ici chagrin ne dure.
Avec le temps passe bonheur, avec le temps douleur ne dure... Les Mille et une nuits
Re: Vos Poèmes Préférés...?Je suis comme je suis
Je suis comme je suis Je suis faite comme ça Quand j'ai envie de rire Oui je ris aux éclats J'aime celui qui m'aime Est-ce ma faute à moi Si ce n'est pas le même Que j'aime à chaque fois Je suis comme je suis Je suis faite comme ça Que voulez-vous de plus Que voulez-vous de moi Je suis faite pour plaire Et n'y puis rien changer Mes talons sont trop hauts Ma taille trop cambrée Mes seins beaucoup trop durs Et mes yeux trop cernés Et puis après Qu'est-ce que ça peut vous faire Je suis comme je suis Je plais à qui je plais Qu'est-ce que ça peut vous faire Ce qui m'est arrivé Oui j'ai aimé quelqu'un Oui quelqu'un m'a aimée Comme les enfants qui s'aiment Simplement savent aimer Aimer aimer... Pourquoi me questionner Je suis là pour vous plaire Et n'y puis rien changer. Jacques Prévert ![]()
Re: Vos Poèmes Préférés...? Alphonse de LAMARTINE (1790-1869)
Le lac Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages, Dans la nuit éternelle emportés sans retour, Ne pourrons-nous jamais sur l'océan des âges Jeter l'ancre un seul jour ? Ô lac ! l'année à peine a fini sa carrière, Et près des flots chéris qu'elle devait revoir, Regarde ! je viens seul m'asseoir sur cette pierre Où tu la vis s'asseoir ! Tu mugissais ainsi sous ces roches profondes, Ainsi tu te brisais sur leurs flancs déchirés, Ainsi le vent jetait l'écume de tes ondes Sur ses pieds adorés. Un soir, t'en souvient-il ? nous voguions en silence ; On n'entendait au loin, sur l'onde et sous les cieux, Que le bruit des rameurs qui frappaient en cadence Tes flots harmonieux. Tout à coup des accents inconnus à la terre Du rivage charmé frappèrent les échos ; Le flot fut attentif, et la voix qui m'est chère Laissa tomber ces mots : " Ô temps ! suspends ton vol, et vous, heures propices ! Suspendez votre cours : Laissez-nous savourer les rapides délices Des plus beaux de nos jours ! " Assez de malheureux ici-bas vous implorent, Coulez, coulez pour eux ; Prenez avec leurs jours les soins qui les dévorent ; Oubliez les heureux. " Mais je demande en vain quelques moments encore, Le temps m'échappe et fuit ; Je dis à cette nuit : Sois plus lente ; et l'aurore Va dissiper la nuit. " Aimons donc, aimons donc ! de l'heure fugitive, Hâtons-nous, jouissons ! L'homme n'a point de port, le temps n'a point de rive ; Il coule, et nous passons ! " Temps jaloux, se peut-il que ces moments d'ivresse, Où l'amour à longs flots nous verse le bonheur, S'envolent loin de nous de la même vitesse Que les jours de malheur ? Eh quoi ! n'en pourrons-nous fixer au moins la trace ? Quoi ! passés pour jamais ! quoi ! tout entiers perdus ! Ce temps qui les donna, ce temps qui les efface, Ne nous les rendra plus ! Éternité, néant, passé, sombres abîmes, Que faites-vous des jours que vous engloutissez ? Parlez : nous rendrez-vous ces extases sublimes Que vous nous ravissez ? Ô lac ! rochers muets ! grottes ! forêt obscure ! Vous, que le temps épargne ou qu'il peut rajeunir, Gardez de cette nuit, gardez, belle nature, Au moins le souvenir ! Qu'il soit dans ton repos, qu'il soit dans tes orages, Beau lac, et dans l'aspect de tes riants coteaux, Et dans ces noirs sapins, et dans ces rocs sauvages Qui pendent sur tes eaux. Qu'il soit dans le zéphyr qui frémit et qui passe, Dans les bruits de tes bords par tes bords répétés, Dans l'astre au front d'argent qui blanchit ta surface De ses molles clartés. Que le vent qui gémit, le roseau qui soupire, Que les parfums légers de ton air embaumé, Que tout ce qu'on entend, l'on voit ou l'on respire, Tout dise : Ils ont aimé ! Dis à qui porte douleur, jamais ici chagrin ne dure.
Avec le temps passe bonheur, avec le temps douleur ne dure... Les Mille et une nuits
Re: Vos Poèmes Préférés...?Pauvre Martin
Paroles: Georges Brassens. Musique: Georges Brassens 1954 Avec une bêche à l'épaule, Avec, à la lèvre, un doux chant, Avec, à la lèvre, un doux chant, Avec, à l'âme, un grand courage, Il s'en allait trimer aux champs! Pauvre Martin, pauvre misère, Creuse la terre, creuse le temps! Pour gagner le pain de sa vie, De l'aurore jusqu'au couchant, De l'aurore jusqu'au couchant, Il s'en allait bêcher la terre En tous les lieux, par tous les temps! Pauvre Martin, pauvre misère, Creuse la terre, creuse le temps! Sans laisser voir, sur son visage, Ni l'air jaloux ni l'air méchant, Ni l'air jaloux ni l'air méchant, Il retournait le champ des autres, Toujours bêchant, toujours bêchant! Pauvre Martin, pauvre misère, Creuse la terre, creuse le temps! Et quand la mort lui a fait signe De labourer son dernier champ, De labourer son dernier champ, Il creusa lui-même sa tombe En faisant vite, en se cachant... Pauvre Martin, pauvre misère, Creuse la terre, creuse le temps! Il creusa lui-même sa tombe En faisant vite, en se cachant, En faisant vite, en se cachant, Et s'y étendit sans rien dire Pour ne pas déranger les gens... Pauvre Martin, pauvre misère, Dors sous la terre, dors sous le temps! (elle me rend si triste cette chanson...) ![]()
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