Vos Poèmes Préférés...?Modérateurs: Les Amazones, Les Chevaliers
Victor Hugo, Les contemplations.
J'aime l'araignée J'aime l'araignée et j'aime l'ortie, Parce qu'on les hait ; Et que rien n'exauce et que tout châtie Leur morne souhait ; Parce qu'elles sont maudites, chétives, Noirs êtres rampants ; Parce qu'elles sont les tristes captives De leur guet-apens ; Parce qu'elles sont prises dans leur oeuvre ; Ô sort ! fatals noeuds ! Parce que l'ortie est une couleuvre, L'araignée un gueux; Parce qu'elles ont l'ombre des abîmes, Parce qu'on les fuit, Parce qu'elles sont toutes deux victimes De la sombre nuit... Passants, faites grâce à la plante obscure, Au pauvre animal. Plaignez la laideur, plaignez la piqûre, Oh ! plaignez le mal ! Il n'est rien qui n'ait sa mélancolie ; Tout veut un baiser. Dans leur fauve horreur, pour peu qu'on oublie De les écraser, Pour peu qu'on leur jette un oeil moins superbe, Tout bas, loin du jour, La vilaine bête et la mauvaise herbe Murmurent : Amour ! Pas le plus connu de ses poemes, néanmoins un des plus beaux pour moi. Je vous laisse apprécier.
La Muse
Poète, c'est assez. Auprés d'une infidéle, Quand ton illusion n'aurait duré qu'un jour, N'outrage pas ce jour lorsque tu parles d'elle; Si tu veux être aimé, respecte ton amour. Si l'effort est trop grand pour la bêtise humaine De pardonner les maux qui nous viennent d'autrui Epargne toi du moins le tourment de la haine; A défaut de pardon, laisse venir l'oubli. Musset (Nuit d'octobre)
merci nawara, j'adore ces vers! J'aime la vie! Même la plus humble comme celle des fourmis ou celle des petits. Même la plus humiliée comme celle des chiens ou celle des rejetés. J'aime les vivants! Ceux qui ne font pas que vivoter mais qui vivent vraiment. Ceux qui ne traînent pas leur vie mais qui l’empoigne à pleines mains. Mais j'aime aussi ceux qui ont du mal à vivre et ceux à qui la vie a fait du mal. J'aime le Vivant! Celui qui a vaincu la mort et qui a dit : « Je suis la Vie. » Celui qui est toujours vivant, qui ne peut plus mourir. Celui qui veut nous faire vivre toujours. Ils me donnent tous le goût de vivre. Et ça goûte bon... ![]() Je languis dans mes illusions, mes doigts, les bouts en sang Je regarde les gouttelettes tombant du ciel couleur vermillon Je m'éternise sur un nuage, je rêvasse encore et crie ton nom
"Il n'y a pas d'amour heureux"
Mon bel amour mon cher amour ma déchirure Je te porte dans moi comme un oiseau blessé Et ceux-là sasn savoir nous regardent passer Répétant aprés moi les mots que j'ai tressé Et qui pour tes grands yeux tout aussitôt moururent Il n'y a pas d'amour heureux Il n'y a pas d'amour qui ne soit à douleur Il n'y a pas d'amour dont on ne soit meurtri Il n'y a aps d'amour dont on ne soit flétri Et pas plus que de toi l'amour de la patrie Il n'y a pas d'amour qui ne vive de pleurs Il n'y a pas d'amour heureux Mais c'est notre amour à tous deux Louis Aragon
Au commencement
Tel un vent de printemps Notre amour à prise son envol Longtemps du bon côté La brise à soufflé Pour ces deux tourtereaux À qui le monde appartenait Cependant Les saisons changent Et l'hiver qui ne devait jamais arriver Est arrivé Le coeur gelé par la routine Une bourrasque de vent glacé À suffi à les séparer Maintenant Que l'hiver est passé Un printemps éternel Est sur le point d'arriver Pour ces deux tourterelles À qui de nouveau le monde appartient Un amour pas tout à fait nouveau Mais sûrement un amour Aussi puissant qu'un ouragan
j'adooooooooooooooooore !!! tt simplement !!! c'est de quel poéte ?
"C'est si peu de dire je que je t'aime "
C'est comme si jamais jamais Je n'avais dit que ej t'aimais Si je craignais que me surprenne La nuit sur ma gorge qui met Ses doigts gantés de souveraine Quand plus jamais ce n'est le mai Lorsque les choses plus ne sont Qu'un souvenir de leur frisson Un écho des musiques mortes Demeure la douleur du son Qui plus s'éteint plus devient forte C'est peu des mots pour la chanson C'est si peu dire que je t'aime Et je n'aurais dit que je t'aime Louis Aragon, Le Fou D'Elsa
Colloque Sentimental
Dans le vieux parc solitaire et glacé, Deux formes ont tout à l'heure passé. Leurs yeux sont morts et leurs lévres sont molles, Et l'on entend à peine leur paroles. Dans le vieux parc solitaire et glacé, Deux spectres ont évoqué le passé. -Te souvient-il de notre extase ancienne ? -Pourquoi voulez-vous donc qu'il m'en souvienne ? -Ton coeur bat-il toujours à mon seul nom ? Toujours vois-tu mon âme en rêve ? -Non -Ah ! les beaux jours de bonheur indicible Où nous joignions nos bouches ! - C'est possible. -Qu'il était bleu, le ciel, et grand, l'espoire ! -L'espoir a fui, vaincu, vers le ciel noir. Tels ils marchaient dans les avoines folles, Et la nuit seule entendit leurs paroles. Paul Verlaine, Fêtes galantes.
Le lac
Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages, Dans la nuit éternelle emportés sans retour, Ne pourrons-nous jamais sur l'océan des âges Jeter l'ancre un seul jour ? Ô lac ! l'année à peine a fini sa carrière, Et près des flots chéris qu'elle devait revoir, Regarde ! je viens seul m'asseoir sur cette pierre Où tu la vis s'asseoir ! Tu mugissais ainsi sous ces roches profondes, Ainsi tu te brisais sur leurs flancs déchirés, Ainsi le vent jetait l'écume de tes ondes Sur ses pieds adorés. Un soir, t'en souvient-il ? nous voguions en silence ; On n'entendait au loin, sur l'onde et sous les cieux, Que le bruit des rameurs qui frappaient en cadence Tes flots harmonieux. Tout à coup des accents inconnus à la terre Du rivage charmé frappèrent les échos ; Le flot fut attentif, et la voix qui m'est chère Laissa tomber ces mots : " Ô temps ! suspends ton vol, et vous, heures propices ! Suspendez votre cours : Laissez-nous savourer les rapides délices Des plus beaux de nos jours ! " Assez de malheureux ici-bas vous implorent, Coulez, coulez pour eux ; Prenez avec leurs jours les soins qui les dévorent ; Oubliez les heureux. " Mais je demande en vain quelques moments encore, Le temps m'échappe et fuit ; Je dis à cette nuit : Sois plus lente ; et l'aurore Va dissiper la nuit. " Aimons donc, aimons donc ! de l'heure fugitive, Hâtons-nous, jouissons ! L'homme n'a point de port, le temps n'a point de rive ; Il coule, et nous passons ! " Temps jaloux, se peut-il que ces moments d'ivresse, Où l'amour à longs flots nous verse le bonheur, S'envolent loin de nous de la même vitesse Que les jours de malheur ? Eh quoi ! n'en pourrons-nous fixer au moins la trace ? Quoi ! passés pour jamais ! quoi ! tout entiers perdus ! Ce temps qui les donna, ce temps qui les efface, Ne nous les rendra plus ! Éternité, néant, passé, sombres abîmes, Que faites-vous des jours que vous engloutissez ? Parlez : nous rendrez-vous ces extases sublimes Que vous nous ravissez ? Ô lac ! rochers muets ! grottes ! forêt obscure ! Vous, que le temps épargne ou qu'il peut rajeunir, Gardez de cette nuit, gardez, belle nature, Au moins le souvenir ! Qu'il soit dans ton repos, qu'il soit dans tes orages, Beau lac, et dans l'aspect de tes riants coteaux, Et dans ces noirs sapins, et dans ces rocs sauvages Qui pendent sur tes eaux. Qu'il soit dans le zéphyr qui frémit et qui passe, Dans les bruits de tes bords par tes bords répétés, Dans l'astre au front d'argent qui blanchit ta surface De ses molles clartés. Que le vent qui gémit, le roseau qui soupire, Que les parfums légers de ton air embaumé, Que tout ce qu'on entend, l'on voit ou l'on respire, Tout dise : Ils ont aimé ! Lamartine
Tu es la plus belle de toute les fleurs,
Celle qui embellie ma vie, Qui remplit ma tête de mille couleurs, Même quand dans mon coeur tout est gris. Ton sourire me redonne du bonheur, Ton regard est si joli, Qu'il fait battre bien plus fort mon coeur, Ton charme entier me conquit. J'aime ton parfum et ta douceur, Je t'aime à la folie, Et je t'aimerai jusqu'à ma dernière heure, Jusqu'à mon dernier souffle de vie, Tu seras toujours l'amour Qui fait vaciller mon coeur. - Hubert Mordain -
Quand sauras-tu
Mon cher monsieur Que je ne serai pas -Comme d'autres- Une de tes petites amies, Une conquête féminine Ajoutée au nombre de tes conquêtes, Un chiffre inscrit Sur les registres de tes comptes ? Quand le sauras-tu ? II Quand sauras-tu -Chameau en errance du désert, Toi dont la variole a rongé Le visage et le poignet- Que je ne serai point Une cendre dans ta cigarette ? Ni énième tête entre mille têtes Sur ton oreiller, Non plus une statuette Dont tu auras augmenté le prix Dans la folie de tes enchères, Ou un sein sur le poli duquel Tu auras imprimé le moule de tes empreintes ? Quand le sauras-tu ? III Quand sauras-tu Que tu ne me drogueras pas Par ton pouvoir, ni ton renom, Et que tu ne posséderas pas le monde Avec ton naphte, tes royalties, Avec ton pétrole Dont les relents s'exhalent de tes nippes, Et avec les voitures que tu déposes Aux pieds de tes nombreuses maîtresses ? Où sont donc passées De tes chamelles les bosses ? Où a donc disparu De tes mains le tatouage ? Que sont devenues De tes tentes les béances ? Toi, aux talons gercés, Toi l'esclave de tes passions, Toi dont les épouses font partie De tes hobbies, Femmes que tu alignes par dizaines Sur le lit de tes jouissances, Insectes que tu momifies Sur les murs de tes salons ? Quand le sauras-tu ? IV Toi, frappé d'indigestion, Quand sauras-tu Que je ne suis pas de celles Qu'impressionne ton paradis Ou qu'effraie ton enfer ? Quand sauras-tu Que ma dignité est plus précieuse Que l'or entassé dans tes proches, Et que le climat où mes pensées baignent Est bien loin de tes climats, Toi où a couvé le féodal Dans la vermine de tes helminthes, Toi dont le désert rougit de honte Lorsqu'il entend ton appel ? Quand le sauras-tu ? V De Nizar Kabbani, traduit par Mustapha al kasri j'ai essayé de chercher la version en arabe mais je l'ai pas trouvé !!
Eclaircissement pour les lecteurs de ma poésie
Et les âmes naïves racontent Que je suis entré dans le boudoir des filles Pour n'en plus ressortir. Ces gens réclament qu'on dresse pour moi l'échafaud Parce que j'ai chanté De ma bien aimée la beauté. Moi, je n'ai pas comme d'autres Fait commerce de haschish Ni volé Ni tué, Mais en plein jour j'ai aimé. Ai-je donc pour cela Dieu renié ? Les âmes naïves disent de moi Que mes poèmes Des enseignements du Ciel se sont écartés. Qui a dit que l'amour a attenté A l'honneur du Ciel. Le Ciel est mon ami : Il pleure quand je pleure Et il rit Quand je ris. Les étoiles, leur éclat augmente, Si un jour je suis amoureux. Qu'y a-t-il donc d'aberrant Quand je chante De ma bien aimée le nom ? Et quand je le sème à tous vents Comme une forêt de châtaigniers. Je continuerai ce commerce, Comme tous les prophètes Je continuerai, aède, A chanter l'enfance, A chanter La pureté et l'innocence, Je continuerai à décrire les beautés De ma bien aimée Jusqu'à fondre sa chevelure d'or Dans l'or des soirs. Moi - et je souhaite rester moi- Enfant qui barbouille comme cela l'enchante Les façades des étoiles 0 Jusqu'à ce que l'amour dans ma patrie Devienne comme l'air qu'on respire, Et que je devienne le dictionnaire Des étudiants de l'amour passionné Et que je devienne moi L'alphabet balbutié Sur leurs lèvres. De Nizar Kabbani, traduit par Mustapha al kasri
Cet amour
Cet amour Si violent Si fragile Si tendre Si désespéré Cet amour Beau comme le jour Et mauvais comme le temps Quand le temps est mauvais Cet amour si vrai Cet amour si beau Si heureux Si joyeux Et si dérisoire Tremblant de peur comme un enfant dans le noir Et si sûr de lui Comme un homme tranquille au millieu de la nuit Cet amour qu faisait peur aux autres Qui les faisait parler Qui les faisait blêmir Cet amour guetté Parce que nous le guettions Traqué blessé piétiné achevé nié oublié Parce que nous l’avons traqué blessé piétiné achevé nié oublié Cet amour tout entier Si vivant encore Et tout ensoleillé C’est le tien C’est le mien Celui qui a été Cette chose toujours nouvelle Et qui n’a pas changé Aussi vrai qu’une plante Aussi tremblante qu’un oiseau Aussi chaude aussi vivant que l’été Nous pouvons tous les deux Aller et revenir Nous pouvons oublier Et puis nous rendormir Nous réveiller souffrir vieillir Nous endormir encore Rêver à la mort, Nous éveiller sourire et rire Et rajeunir Notre amour reste là Têtu comme une bourrique Vivant comme le désir Cruel comme la mémoire Bête comme les regrets Tendre comme le souvenir Froid comme le marble Beau comme le jour Fragile comme un enfant Il nous regarde en souriant Et il nous parle sans rien dire Et moi je l’écoute en tremblant Et je crie Je crie pour toi Je crie pour moi Je te supplie Pour toi pour moi et pour tous ceux qui s’aiment Et qui se sont aimés Oui je lui crie Pour toi pour moi et pour tous les autres Que je ne connais pas Reste là Lá où tu es Lá où tu étais autrefois Reste là Ne bouge pas Ne t’en va pas Nous qui sommes aimés Nous t’avons oublié Toi ne nous oublie pas Nous n’avions que toi sur la terre Ne nous laisse pas devenir froids Beaucoup plus loin toujours Et n’importe où Donne-nous signe de vie Beaucoup plus tard au coin d’un bois Dans la forêt de la mémoire Surgis soudain Tends-nous la main Et sauve-nous. jacques prévert (mon poème préféré) Après sa naissance, Pégase quitte aussitôt la terre pour rejoindre les dieux. Il porte le tonnerre et les éclairs...
j'allais le mettre ici, et pis je me suis dit, c'est tellement beau qu'il est impossible qu'il n'ait pas déjà été mis. ![]()
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