Vos Poèmes Préférés...?Modérateurs: Les Amazones, Les Chevaliers
La vie, c'est comme une dent
D'abord, on n'y a pas pensé On s'est contenté de mâcher Et puis ça se gâte soudain Ca vous fait mal, et on y tient Et on la soigne et les soucis, Et pour qu'on soit vraiment guéri Il faut vous l'arracher, la vie. Boris Vian (1920-1959) VIVRE ET LAISSER VIVRE
Fragiles...
Les larmes coulent à flots, Je ne peux pas les retenir… Parmi mes pleurs, je suis l’îlot Qui fait naufrage pour en finir Avec les maux… Les larmes me noient le visage Et ma voix cassée n’est qu’un misérable écho Mes rires à mes oreilles sonnent tellement faux Et mon être est sillonné de ravages… De mes yeux coule l’encre, Noire.. douce.. et triste Elle s’en va tracer les pistes De ces sentiers tortueux et ocres : Les arabesques de mon cœur.. Les larmes me noient lentement, Comme la rosée du matin qui caresse les fleurs… Les roses moribondes qui guettent le firmament, Puis s’éparpillent au loin, en toute candeur… Les larmes ruissellent, et déjà Je ne respire plus. Mes mots s’entrechoquent et s’échinent… Des paroles sottes et fragiles. Utopi@, 16/04/04 VIVRE ET LAISSER VIVRE
alfred de musset
se voir le plus possible et s'aimer seulement, sans ruse et sans détours,sans honte ni mensonge, sans qu'un désir nous trompe,ou qu'un remords nous ronge, vivre à deux et donner son coeur à tout moment. ![]() celui qui vit sans folie,n'est pas si sage qu'il croit!
Hélas!j'aurai passé près d'elle inaperçu,
Toujours à ses cotés,et pourtant solitaire, Et j'aurai jusqu'au bout fait mon temps sur la terre, N'osant rien demander et n'ayant rien reçu!!! félix arvers,MES HEURES PERDUES celui qui vit sans folie,n'est pas si sage qu'il croit!
Le rossignol Comme un vol criard d'oiseaux en émoi, Tous mes souvenirs s'abattent sur moi, S'abattent parmi le feuillage jaune De mon coeur mirant son tronc plié d'aune Au tain violet de l'eau des Regrets, Qui mélancoliquement coule auprès, S'abattent, et puis la rumeur mauvaise Qu'une brise moite en montant apaise, S'éteint par degrés dans l'arbre, si bien Qu'au bout d'un instant on n'entend plus rien, Plus rien que la voix célébrant l'Absente, Plus rien que la voix -ô si languissante!- De l'oiseau qui fut mon Premier Amour, Et qui chante encor comme au premier jour; Et, dans la splendeur triste d'une lune Se levant blafarde et solennelle, une Nuit mélancolique et lourde d'été, Pleine de silence et d'obscurité, Berce sur l'azur qu'un vent doux effleure L'arbre qui frissonne et l'oiseau qui pleure. Paul Verlaine- Poèmes Saturniens.
Spéciale dédicace a Phidias
France, mère des arts. France, mère des arts, des armes, et des loix, Tu m'as nourry long temps du laict de ta mamelle: Ores, comme un aigneau qui sa nourrisse appelle, Je remplis de ton nom les antres et les bois. Si tu m'as pour enfant advoué quelquefois, Que ne me respons-tu maintenant, ô cruelle? France, France, respons à ma triste querelle: Mais nul, sinon Echo, ne respond à ma voix. Entre les loups cruels j'erre parmy la plaine. Je sens venir l'hyver, de qui la froide haleine D'une tremblante horreur fait herisser ma peau. Las tes autres aigneaux n'ont faute de pasture. Ils ne craignent le loup, le vent, ny la froidure: Si ne suis je pourtant le pire du trouppeau. Joachim Du Bellay.
Merci En retour ... Roman I On n'est pas sérieux, quand on a dix-sept ans. - Un beau soir, foin des bocks et de la limonade, Des cafés tapageurs aux lustres éclatants ! - On va sous les tilleuls verts de la promenade. Les tilleuls sentent bon dans les bons soirs de juin ! L'air est parfois si doux, qu'on ferme la paupière ; Le vent chargé de bruits - la ville n'est pas loin - A des parfums de vigne et des parfums de bière.... II -Voilà qu'on aperçoit un tout petit chiffon D'azur sombre, encadré d'une petite branche, Piqué d'une mauvaise étoile, qui se fond Avec de doux frissons, petite et toute blanche... Nuit de juin ! Dix-sept ans ! - On se laisse griser. La sève est du champagne et vous monte à la tête... On divague ; on se sent aux lèvres un baiser Qui palpite là, comme une petite bête.... III Le coeur fou Robinsonne à travers les romans, Lorsque, dans la clarté d'un pâle réverbère, Passe une demoiselle aux petits airs charmants, Sous l'ombre du faux col effrayant de son père... Et, comme elle vous trouve immensément naïf, Tout en faisant trotter ses petites bottines, Elle se tourne, alerte et d'un mouvement vif.... - Sur vos lèvres alors meurent les cavatines... IV Vous êtes amoureux. Loué jusqu'au mois d'août. Vous êtes amoureux. - Vos sonnets La font rire. Tous vos amis s'en vont, vous êtes mauvais goût. - Puis l'adorée, un soir, a daigné vous écrire...! - Ce soir-là,... - vous rentrez aux cafés éclatants, Vous demandez des bocks ou de la limonade.. - On n'est pas sérieux, quand on a dix-sept ans Et qu'on a des tilleuls verts sur la promenade. 29 sept. 70 Arthur Rimbaud - Texte du recueil confié à Paul Demeny, fac-similé Messein. - Première publication dans Le Reliquaire, éditeur Genonceaux, novembre 1891 VIVRE ET LAISSER VIVRE
Ce fut un grand Vaisseau taillé dans l'or massif :
Ses mâts touchaient l'azur, sur des mers inconnues ; La Cyprine d'amour, cheveux épars, chairs nues, S'étalaient à sa proue, au soleil excessif. Mais il vint une nuit frapper le grand écueil Dans l'Océan trompeur où chantait la Sirène, Et le naufrage horrible inclina sa carène Aux profondeurs du Gouffre, immuable cercueil. Ce fut un Vaisseau d'Or, dont les flancs diaphanes Révélaient des trésors que les marins profanes, Dégoût, Haine et Névrose, entre eux ont disputés. Que reste-t-il de lui dans la tempête brève ? Qu'est devenu mon coeur, navire déserté ? Hélas! Il a sombré dans l'abîme du Rêve! le plus beau poème d'Emile Nelligan (d'après moi) un che d'oeuvre poétique, grandiose, charismatique, magnifique et incroyable vu que le poète l'a écrit..en centre psychiatrique et qu'il traite de sa folie Nous ne devons pas être ennemis, même si la passion nous déchire, elle ne doit pas briser l'affection qui nous lie. Les cordes sensibles de la mémoire vibreront dès qu'on les touchera, elles résonneront au contact de ce qu'il y a de meilleur en nous
©Danny Elles peuvent m’agresser, Les sournoises quidams Ces fourmis embrasées, Et viles carnassières Je les invites encor, À lacérer ma chair Qu’elles me dépiautent donc, Ce corps n’est mon âme ! © 2004, Danny
« ‘Je suis un Musulman ‘. Tuez-moi et appelez ça « dommages collatéraux ». Emprisonnez-moi et appelez ça « Mesure de sécurité ». Exiles mon peuple en masse et appelez ça « Nouveau Moyen-Orient ». Volez mes ressources, envahissez mon pays, changez mes dirigeants et appelez ça ‘Démocratie’ »
L'amour et la mort
(A M. Louis de Ronchaud) Regardez-les passer, ces couples éphémères ! Dans les bras l'un de l'autre enlacés un moment, Tous, avant de mêler à jamais leurs poussières, Font le même serment : Toujours ! Un mot hardi que les cieux qui vieillissent Avec étonnement entendent prononcer, Et qu'osent répéter des lèvres qui pâlissent Et qui vont se glacer. Vous qui vivez si peu, pourquoi cette promesse Qu'un élan d'espérance arrache à votre coeur, Vain défi qu'au néant vous jetez, dans l'ivresse D'un instant de bonheur ? Amants, autour de vous une voix inflexible Crie à tout ce qui naît : "Aime et meurs ici-bas ! " La mort est implacable et le ciel insensible ; Vous n'échapperez pas. Eh bien ! puisqu'il le faut, sans trouble et sans murmure, Forts de ce même amour dont vous vous enivrez Et perdus dans le sein de l'immense Nature, Aimez donc, et mourez ! Nous ne devons pas être ennemis, même si la passion nous déchire, elle ne doit pas briser l'affection qui nous lie. Les cordes sensibles de la mémoire vibreront dès qu'on les touchera, elles résonneront au contact de ce qu'il y a de meilleur en nous
©Danny Elles peuvent m’agresser, Les sournoises quidams Ces fourmis embrasées, Et viles carnassières Je les invites encor, À lacérer ma chair Qu’elles me dépiautent donc, Ce corps n’est mon âme ! © 2004, Danny
« ‘Je suis un Musulman ‘. Tuez-moi et appelez ça « dommages collatéraux ». Emprisonnez-moi et appelez ça « Mesure de sécurité ». Exiles mon peuple en masse et appelez ça « Nouveau Moyen-Orient ». Volez mes ressources, envahissez mon pays, changez mes dirigeants et appelez ça ‘Démocratie’ »
Quinze longs jours encore et plus de six semaines
Déjà ! Certs, parmi les angoisses humaines, La plus dolente angoisse est celle d'être loin, On s'écrit, on se dit que l'on s'aime; on a soin D'évoquer chaque jour la voix, les yeux, le geste, De l'être en qui l'on met son bonheur; et l'on reste Des heures à causer tout seulavec l'absent, Mais tout ce que l'on penseet tout ce que l'on sent Et tout ce dont on parle avec l'absent, persiste A demeurer blafard et fidélement triste. Oh ! l'absence ! le moins clément de tous les maux ! Se consoler avec des phrases et des mots , Puiser dans l'infini morose des pensées De quoi vous rafraîchir, éspérances lassées, Et n'en rien remonter que de fade et d'amer ! Puis voici, pénétrant et froid comme le fer, Plus rapide que les oiseaux et que les balles Et que le vent du sud en mer et ses rafales. Paul VERLAINE? La Bonne Chanson, 1870
[quote="nawarra"]Quinze longs jours encore et plus de six semaines
Déjà ! Certs, parmi les angoisses humaines, La plus dolente angoisse est celle d'être loin, On s'écrit, on se dit que l'on s'aime; on a soin D'évoquer chaque jour la voix, les yeux, le geste, De l'être en qui l'on met son bonheur; et l'on reste Des heures à causer tout seulavec l'absent, Mais tout ce que l'on penseet tout ce que l'on sent Et tout ce dont on parle avec l'absent, persiste A demeurer blafard et fidélement triste. Oh ! l'absence ! le moins clément de tous les maux ! Se consoler avec des phrases et des mots , Puiser dans l'infini morose des pensées De quoi vous rafraîchir, éspérances lassées, Et n'en rien remonter que de fade et d'amer ! Puis voici, pénétrant et froid comme le fer, Plus rapide que les oiseaux et que les balles Et que le vent du sud en mer et ses rafales. Et pourtant sur sa pointe aigue un fin poison, Voici venir, pareil aux fléches, le soupçon Décroché par le Doute impur et lamentable. Est-ce bien vrai ? Tandis qu'accoudé sur ma table Je lis sa lettre avec des larmes dans les yeux, Sa lettre, où s'étale un aveu délicieux, N'est-elle pas alors distraite en d'autres choses ? Qui sait ? Pendant qu'ici pour moi lents et moroses Coulent les jours, ainsiqu'un fleuve au bord flétri Peut être que sa lévre innocente a souri ? Peut-être qu'elle est trés joyeuse et qu'elle oublie ? Et je relis sa lettre avec méloncolie. Paul VERLAINE
Il pleure dans mon coeur
Il pleur dans mon coeur Comme il pleut sur la ville; Quelle est cette langueur Qui pénétre mon coeur? O bruit doux de la pluie Par terre et sur les toits ! Pour un coeur qui s'ennuie O chant de la pluie ! Il pleure sans raison Dans ce coeur qui s'écoeure, Quoi ! nulle trahison ?... Ce deuil ests ans raison. C'est bien la pire peine De ne savoir pourquoi Sans amour et sans haine Mon coeur a tant de peine ! Paul VERLAINE, Romances sans paroles
Aveu
Je sais bien qu'irritable, exigeant et morose, Insatisfait, jaloux, malheureux pour un mot, Je te cherche souvent des querelles sans causes... Si je t'aime si mal, c'est que je t'aime trop. Je te poursuis. Je te tourmente. Je te gronde... Tu serais plus heureuse, et mieux aimée aussi, Si tu n'étais pour moi tout ce qui compte au monde, Et si ce pauvre amour n'était mon seul souci. Paul Géraldy
Le cancre
Il dit non avec la tête mais il dit oui avec le cœur il dit oui à ce qu'il aime il dit non au professeur il est debout on le questionne et tous les problèmes sont posés soudain le fou rire le prend et il efface tout les chiffres et les mots les dates et les noms les phrases et les pièges et malgré les menaces du maître sous les huées des enfants prodiges avec des craies de toutes les couleurs sur le tableau noir du malheur il dessine le visage du bonheur. Jacques Prévert Poète, prend ton luth; c'est moi, ton immortelle,
Qui t'ai vu cette nuit triste et silencieux. Et qui, comme un oiseau que sa couvée appelle, Pour pleurer avec toi descends du haut des cieux. Viens tu souffres, ami. Quelque ennui solitaire Te ronge ; quelque chose a gémi dans ton coeur ; Quelque amour t'es venu, comme on en voit sur terre, Une ombre de plaisir, un semblant de bonheur. Viens chantons devant Dieu ; chantons dans tes pensées, Dans tes plaisirs perdus, dans tes peines passées ; partons dans un baiser, pour un monde inconnu Eveillons au hasard les échos de ta vie, Parlons nous de bonheur, de gloire et de folie, Et que ce soit un rêve, et le premier venu. Inventons quelque part des lieux où l'on oublie; Partons nous sommes seuls. l'univers est à nous... Alfred De Musset : Nuit de Mai (1835)
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