Vos Poèmes Préférés...?

Pour débattre de la scène littéraire et des différents courants de la pensée, dans l'histoire et dans l'actualité ...

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Jeudi 18/12/2008 Lancement de la
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Messagede Phidias26 le 04 Avr 2007, 22:51

La vie, c'est comme une dent
D'abord, on n'y a pas pensé
On s'est contenté de mâcher
Et puis ça se gâte soudain
Ca vous fait mal, et on y tient
Et on la soigne et les soucis,
Et pour qu'on soit vraiment guéri
Il faut vous l'arracher, la vie.

Boris Vian (1920-1959)
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Messagede Phidias26 le 06 Avr 2007, 21:54

Fragiles...

Les larmes coulent à flots,
Je ne peux pas les retenir…
Parmi mes pleurs, je suis l’îlot
Qui fait naufrage pour en finir
Avec les maux…

Les larmes me noient le visage
Et ma voix cassée n’est qu’un misérable écho
Mes rires à mes oreilles sonnent tellement faux
Et mon être est sillonné de ravages…

De mes yeux coule l’encre,
Noire.. douce.. et triste
Elle s’en va tracer les pistes
De ces sentiers tortueux et ocres :
Les arabesques de mon cœur..

Les larmes me noient lentement,
Comme la rosée du matin qui caresse les fleurs…
Les roses moribondes qui guettent le firmament,
Puis s’éparpillent au loin, en toute candeur…

Les larmes ruissellent, et déjà
Je ne respire plus.
Mes mots s’entrechoquent et s’échinent…
Des paroles sottes et fragiles.


Utopi@, 16/04/04
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Messagede adyna le 11 Avr 2007, 00:39

alfred de musset

se voir le plus possible et s'aimer seulement,
sans ruse et sans détours,sans honte ni mensonge,
sans qu'un désir nous trompe,ou qu'un remords nous ronge,
vivre à deux et donner son coeur à tout moment. :amour17:
celui qui vit sans folie,n'est pas si sage qu'il croit!
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Messagede adyna le 11 Avr 2007, 00:48

Hélas!j'aurai passé près d'elle inaperçu,
Toujours à ses cotés,et pourtant solitaire,
Et j'aurai jusqu'au bout fait mon temps sur la terre,
N'osant rien demander et n'ayant rien reçu!!!

félix arvers,MES HEURES PERDUES :oops:
celui qui vit sans folie,n'est pas si sage qu'il croit!
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Messagede azayza le 15 Avr 2007, 19:05



Le rossignol

Comme un vol criard d'oiseaux en émoi,
Tous mes souvenirs s'abattent sur moi,
S'abattent parmi le feuillage jaune
De mon coeur mirant son tronc plié d'aune
Au tain violet de l'eau des Regrets,
Qui mélancoliquement coule auprès,
S'abattent, et puis la rumeur mauvaise
Qu'une brise moite en montant apaise,
S'éteint par degrés dans l'arbre, si bien
Qu'au bout d'un instant on n'entend plus rien,
Plus rien que la voix célébrant l'Absente,
Plus rien que la voix -ô si languissante!-
De l'oiseau qui fut mon Premier Amour,
Et qui chante encor comme au premier jour;
Et, dans la splendeur triste d'une lune
Se levant blafarde et solennelle, une
Nuit mélancolique et lourde d'été,
Pleine de silence et d'obscurité,
Berce sur l'azur qu'un vent doux effleure
L'arbre qui frissonne et l'oiseau qui pleure.


Paul Verlaine- Poèmes Saturniens.

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Messagede zeu$ le 19 Mai 2007, 21:35

Spéciale dédicace a Phidias :lol:

France, mère des arts.


France, mère des arts, des armes, et des loix,
Tu m'as nourry long temps du laict de ta mamelle:
Ores, comme un aigneau qui sa nourrisse appelle,
Je remplis de ton nom les antres et les bois.

Si tu m'as pour enfant advoué quelquefois,
Que ne me respons-tu maintenant, ô cruelle?
France, France, respons à ma triste querelle:
Mais nul, sinon Echo, ne respond à ma voix.

Entre les loups cruels j'erre parmy la plaine.
Je sens venir l'hyver, de qui la froide haleine
D'une tremblante horreur fait herisser ma peau.

Las tes autres aigneaux n'ont faute de pasture.
Ils ne craignent le loup, le vent, ny la froidure:
Si ne suis je pourtant le pire du trouppeau.

Joachim Du Bellay.
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Messagede Phidias26 le 20 Mai 2007, 14:14

zeu$ a écrit:Spéciale dédicace a Phidias :lol:

France, mère des arts.


France, mère des arts, des armes, et des loix,
Tu m'as nourry long temps du laict de ta mamelle:
Ores, comme un aigneau qui sa nourrisse appelle,
Je remplis de ton nom les antres et les bois.

Si tu m'as pour enfant advoué quelquefois,
Que ne me respons-tu maintenant, ô cruelle?
France, France, respons à ma triste querelle:
Mais nul, sinon Echo, ne respond à ma voix.

Entre les loups cruels j'erre parmy la plaine.
Je sens venir l'hyver, de qui la froide haleine
D'une tremblante horreur fait herisser ma peau.

Las tes autres aigneaux n'ont faute de pasture.
Ils ne craignent le loup, le vent, ny la froidure:
Si ne suis je pourtant le pire du trouppeau.

Joachim Du Bellay.


Merci :wink:

En retour ...

Roman

I

On n'est pas sérieux, quand on a dix-sept ans.
- Un beau soir, foin des bocks et de la limonade,
Des cafés tapageurs aux lustres éclatants !
- On va sous les tilleuls verts de la promenade.

Les tilleuls sentent bon dans les bons soirs de juin !
L'air est parfois si doux, qu'on ferme la paupière ;
Le vent chargé de bruits - la ville n'est pas loin -
A des parfums de vigne et des parfums de bière....


II

-Voilà qu'on aperçoit un tout petit chiffon
D'azur sombre, encadré d'une petite branche,
Piqué d'une mauvaise étoile, qui se fond
Avec de doux frissons, petite et toute blanche...

Nuit de juin ! Dix-sept ans ! - On se laisse griser.
La sève est du champagne et vous monte à la tête...
On divague ; on se sent aux lèvres un baiser
Qui palpite là, comme une petite bête....


III

Le coeur fou Robinsonne à travers les romans,
Lorsque, dans la clarté d'un pâle réverbère,
Passe une demoiselle aux petits airs charmants,
Sous l'ombre du faux col effrayant de son père...

Et, comme elle vous trouve immensément naïf,
Tout en faisant trotter ses petites bottines,
Elle se tourne, alerte et d'un mouvement vif....
- Sur vos lèvres alors meurent les cavatines...


IV

Vous êtes amoureux. Loué jusqu'au mois d'août.
Vous êtes amoureux. - Vos sonnets La font rire.
Tous vos amis s'en vont, vous êtes mauvais goût.
- Puis l'adorée, un soir, a daigné vous écrire...!

- Ce soir-là,... - vous rentrez aux cafés éclatants,
Vous demandez des bocks ou de la limonade..
- On n'est pas sérieux, quand on a dix-sept ans
Et qu'on a des tilleuls verts sur la promenade.


29 sept. 70 Arthur Rimbaud

- Texte du recueil confié à Paul Demeny, fac-similé Messein.
- Première publication dans Le Reliquaire, éditeur Genonceaux, novembre 1891
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Messagede la bohemia le 10 Aoû 2007, 07:53

Ce fut un grand Vaisseau taillé dans l'or massif :
Ses mâts touchaient l'azur, sur des mers inconnues ;
La Cyprine d'amour, cheveux épars, chairs nues,
S'étalaient à sa proue, au soleil excessif.

Mais il vint une nuit frapper le grand écueil
Dans l'Océan trompeur où chantait la Sirène,
Et le naufrage horrible inclina sa carène
Aux profondeurs du Gouffre, immuable cercueil.

Ce fut un Vaisseau d'Or, dont les flancs diaphanes
Révélaient des trésors que les marins profanes,
Dégoût, Haine et Névrose, entre eux ont disputés.

Que reste-t-il de lui dans la tempête brève ?
Qu'est devenu mon coeur, navire déserté ?
Hélas! Il a sombré dans l'abîme du Rêve!


le plus beau poème d'Emile Nelligan (d'après moi) un che d'oeuvre poétique, grandiose, charismatique, magnifique et incroyable vu que le poète l'a écrit..en centre psychiatrique et qu'il traite de sa folie
Nous ne devons pas être ennemis, même si la passion nous déchire, elle ne doit pas briser l'affection qui nous lie. Les cordes sensibles de la mémoire vibreront dès qu'on les touchera, elles résonneront au contact de ce qu'il y a de meilleur en nous
©Danny

Elles peuvent m’agresser, Les sournoises quidams
Ces fourmis embrasées, Et viles carnassières
Je les invites encor, À lacérer ma chair
Qu’elles me dépiautent donc, Ce corps n’est mon âme !
© 2004, Danny

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« ‘Je suis un Musulman ‘. Tuez-moi et appelez ça « dommages collatéraux ». Emprisonnez-moi et appelez ça « Mesure de sécurité ». Exiles mon peuple en masse et appelez ça « Nouveau Moyen-Orient ». Volez mes ressources, envahissez mon pays, changez mes dirigeants et appelez ça ‘Démocratie’ »
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Messagede la bohemia le 10 Aoû 2007, 09:28

L'amour et la mort
(A M. Louis de Ronchaud)

Regardez-les passer, ces couples éphémères !
Dans les bras l'un de l'autre enlacés un moment,
Tous, avant de mêler à jamais leurs poussières,
Font le même serment :

Toujours ! Un mot hardi que les cieux qui vieillissent
Avec étonnement entendent prononcer,
Et qu'osent répéter des lèvres qui pâlissent
Et qui vont se glacer.

Vous qui vivez si peu, pourquoi cette promesse
Qu'un élan d'espérance arrache à votre coeur,
Vain défi qu'au néant vous jetez, dans l'ivresse
D'un instant de bonheur ?

Amants, autour de vous une voix inflexible
Crie à tout ce qui naît : "Aime et meurs ici-bas ! "
La mort est implacable et le ciel insensible ;
Vous n'échapperez pas.

Eh bien ! puisqu'il le faut, sans trouble et sans murmure,
Forts de ce même amour dont vous vous enivrez
Et perdus dans le sein de l'immense Nature,
Aimez donc, et mourez !
Nous ne devons pas être ennemis, même si la passion nous déchire, elle ne doit pas briser l'affection qui nous lie. Les cordes sensibles de la mémoire vibreront dès qu'on les touchera, elles résonneront au contact de ce qu'il y a de meilleur en nous
©Danny

Elles peuvent m’agresser, Les sournoises quidams
Ces fourmis embrasées, Et viles carnassières
Je les invites encor, À lacérer ma chair
Qu’elles me dépiautent donc, Ce corps n’est mon âme !
© 2004, Danny

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« ‘Je suis un Musulman ‘. Tuez-moi et appelez ça « dommages collatéraux ». Emprisonnez-moi et appelez ça « Mesure de sécurité ». Exiles mon peuple en masse et appelez ça « Nouveau Moyen-Orient ». Volez mes ressources, envahissez mon pays, changez mes dirigeants et appelez ça ‘Démocratie’ »
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Messagede chichkhana le 24 Sep 2007, 13:44

Quinze longs jours encore et plus de six semaines
Déjà ! Certs, parmi les angoisses humaines,
La plus dolente angoisse est celle d'être loin,
On s'écrit, on se dit que l'on s'aime; on a soin
D'évoquer chaque jour la voix, les yeux, le geste,
De l'être en qui l'on met son bonheur; et l'on reste
Des heures à causer tout seulavec l'absent,
Mais tout ce que l'on penseet tout ce que l'on sent
Et tout ce dont on parle avec l'absent, persiste
A demeurer blafard et fidélement triste.



Oh ! l'absence ! le moins clément de tous les maux !
Se consoler avec des phrases et des mots ,
Puiser dans l'infini morose des pensées
De quoi vous rafraîchir, éspérances lassées,
Et n'en rien remonter que de fade et d'amer !
Puis voici, pénétrant et froid comme le fer,
Plus rapide que les oiseaux et que les balles
Et que le vent du sud en mer et ses rafales.


Paul VERLAINE?
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Messagede chichkhana le 24 Sep 2007, 13:54

[quote="nawarra"]Quinze longs jours encore et plus de six semaines
Déjà ! Certs, parmi les angoisses humaines,
La plus dolente angoisse est celle d'être loin,
On s'écrit, on se dit que l'on s'aime; on a soin
D'évoquer chaque jour la voix, les yeux, le geste,
De l'être en qui l'on met son bonheur; et l'on reste
Des heures à causer tout seulavec l'absent,
Mais tout ce que l'on penseet tout ce que l'on sent
Et tout ce dont on parle avec l'absent, persiste
A demeurer blafard et fidélement triste.



Oh ! l'absence ! le moins clément de tous les maux !
Se consoler avec des phrases et des mots ,
Puiser dans l'infini morose des pensées
De quoi vous rafraîchir, éspérances lassées,
Et n'en rien remonter que de fade et d'amer !
Puis voici, pénétrant et froid comme le fer,
Plus rapide que les oiseaux et que les balles
Et que le vent du sud en mer et ses rafales.


Et pourtant sur sa pointe aigue un fin poison,
Voici venir, pareil aux fléches, le soupçon
Décroché par le Doute impur et lamentable.
Est-ce bien vrai ? Tandis qu'accoudé sur ma table
Je lis sa lettre avec des larmes dans les yeux,
Sa lettre, où s'étale un aveu délicieux,
N'est-elle pas alors distraite en d'autres choses ?
Qui sait ? Pendant qu'ici pour moi lents et moroses
Coulent les jours, ainsiqu'un fleuve au bord flétri
Peut être que sa lévre innocente a souri ?
Peut-être qu'elle est trés joyeuse et qu'elle oublie ?


Et je relis sa lettre avec méloncolie.



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Messagede chichkhana le 02 Oct 2007, 11:05

Il pleure dans mon coeur


Il pleur dans mon coeur
Comme il pleut sur la ville;
Quelle est cette langueur
Qui pénétre mon coeur?

O bruit doux de la pluie
Par terre et sur les toits !
Pour un coeur qui s'ennuie
O chant de la pluie !

Il pleure sans raison
Dans ce coeur qui s'écoeure,
Quoi ! nulle trahison ?...
Ce deuil ests ans raison.

C'est bien la pire peine
De ne savoir pourquoi
Sans amour et sans haine
Mon coeur a tant de peine !


Paul VERLAINE, Romances sans paroles
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Messagede chichkhana le 21 Oct 2007, 18:08

Aveu


Je sais bien qu'irritable, exigeant et morose,
Insatisfait, jaloux, malheureux pour un mot,
Je te cherche souvent des querelles sans causes...
Si je t'aime si mal, c'est que je t'aime trop.

Je te poursuis. Je te tourmente. Je te gronde...
Tu serais plus heureuse, et mieux aimée aussi,
Si tu n'étais pour moi tout ce qui compte au monde,
Et si ce pauvre amour n'était mon seul souci.



Paul Géraldy
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Messagede ripper le 21 Oct 2007, 18:31

Le cancre

Il dit non avec la tête
mais il dit oui avec le cœur
il dit oui à ce qu'il aime
il dit non au professeur
il est debout
on le questionne
et tous les problèmes sont posés
soudain le fou rire le prend
et il efface tout
les chiffres et les mots
les dates et les noms
les phrases et les pièges
et malgré les menaces du maître
sous les huées des enfants prodiges
avec des craies de toutes les couleurs
sur le tableau noir du malheur
il dessine le visage du bonheur.

Jacques Prévert
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Messagede chichkhana le 25 Oct 2007, 20:38

Poète, prend ton luth; c'est moi, ton immortelle,
Qui t'ai vu cette nuit triste et silencieux.
Et qui, comme un oiseau que sa couvée appelle,
Pour pleurer avec toi descends du haut des cieux.
Viens tu souffres, ami. Quelque ennui solitaire
Te ronge ; quelque chose a gémi dans ton coeur ;
Quelque amour t'es venu, comme on en voit sur terre,
Une ombre de plaisir, un semblant de bonheur.
Viens chantons devant Dieu ; chantons dans tes pensées,
Dans tes plaisirs perdus, dans tes peines passées ;
partons dans un baiser, pour un monde inconnu
Eveillons au hasard les échos de ta vie,
Parlons nous de bonheur, de gloire et de folie,
Et que ce soit un rêve, et le premier venu.
Inventons quelque part des lieux où l'on oublie;
Partons nous sommes seuls. l'univers est à nous...

Alfred De Musset : Nuit de Mai (1835)
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