Vos Poèmes Préférés...?

Pour débattre de la scène littéraire et des différents courants de la pensée, dans l'histoire et dans l'actualité ...

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Jeudi 18/12/2008 Lancement de la
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Messagede Phidias26 le 24 Fév 2007, 20:11

LA RESOLUTION DE PANDU

Le crâne rasé, errant sur la terre,
Me nourrissant des fruits des forêts,
Le corps couvert de poussière,
Pour seul abri les arbres et les ruines,
J'irai, préservé de la joie et de la peine :
Ayant fui cette vie hypocrite,
Maître de mes humeurs, bienveillant
Et serein le reste de mes jours,
Je maintiendrai une vertu tenace
Et ferai de l'amour ma liberté
- Les vers eux-mêmes seront mes enfants.

Le Mahâbhârata, Inde
Adaptation Gérard Cartier
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Messagede Phidias26 le 25 Fév 2007, 23:24

Mon pays est une perle discrète
Telles des traces dans le sable
Mon pays est une perle discrète
Tels des murmures des vagues
Sous un bruissement vespéral
Mon pays est un palimpseste
Où s'usent mes yeux insomniques
Pour traquer la mémoire

Ousmane Moussa Diagana, Notule de rêve
pour une symphonie amoureuse
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Messagede Phidias26 le 28 Fév 2007, 00:14

Colère, je t'ai appelée aux heures de soufre et de feu
quand toute terre tremble !
Qui t'a peuplée, ivresse, d'anges rugueux et creux
quand toute terre tremble ?

Les hommes ont mûri aux lourds soleils de paix
la terre a accouché de larves et de monstres
et la Pitié n'a plus de chemise, elle crie
la Soif va-t-elle encore écheveler les sources
quand toute terre tremble ?


Benjamin FONDANE (1898 - 1944)
L'Exode, XI


Les poèmes de Fondane sont un acte de résistance à la violence de l'époque. Il est né à Jassy en Moldavie, en 1898. A Bucarest en 1919, il entre en contact avec toute l'avant-garde, puis part pour Paris en 1923 et commence à écrire en français en 1925. Petit frère de Rimbaud, son grand lyrisme brasse les images fiévreuses d'un destin malmené par l'Histoire. Il cherche le moyen de ne pas sombrer dans le silence tout en vivant le même ardent désir de fuite. Avant d'être déporté à Auschwitz fin mai 1944.
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Messagede Phidias26 le 02 Mar 2007, 00:41

ECOUTEZ !

Ecoutez !
Puisqu'on allume les étoiles
c'est qu'elles sont à quelqu'un nécessaires ?
C'est que quelqu'un désire qu'elles soient ?
C'est que quelqu'un dit perle ces crachats ?
Et, forçant
la bourrasque à midi des poussières,
il fonce jusqu'à Dieu
craint d'arriver trop tard,
pleure,
baise sa main noueuse,
implore -
il lui faut une étoile ! -
jure
qu'il ne peut supporter ce martyre sans étoiles.
Ensuite,
il promène son angoisse,
il fait semblant d'être calme.
Il dit à quelqu'un :
"Maintenant, tu vas mieux, n'est-ce pas
T'as plus peur ?
Dis ?"
Ecoutez !
Puisqu'on allume
les étoiles -
c'est qu'elles sont à quelqu'un nécessaires ?
C'est qu'il est - indispensable,
que tous les soirs
au-dessus des toits
se mettre à luire seule au moins une étoile ?

Vladimir MAIAKOVSKI (1893-1930)
Russie, traduit par Elsa Triolet
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Messagede Phidias26 le 03 Mar 2007, 01:17

Elle te laisse voir quand seul à seul tu l'approches ...
deux bras pareils au col
d'une chamelonne toute blanche
jouvencelle racée qui n'a jamais conçu
un sein plus moëlleux que bure d'ivoire
préservé des mains des toucheurs
et ces reins tendres longs et vivaces
et ces rondeurs que leur voisinage alourdit
et ces hauts de cuisses à resserrer la porte
et cette taille qui affole ma folie
et ces deux piliers d'ivoire et de marbre
sonnant du cliquetis des bijoux
Détresse comme la mienne n'éprouvèrent
ni la mère d'un faon perdu, qui sans trêve gémit
ni la vieille chenue à qui le mauvais sort
de neuf enfants n'a laissé que des larves
Quelle nostalgie n'eus-je pas d'elle
en ce crépuscule
où je la vis emportée par la caravane
et que m'apparut le pays de Yamâma
comme un brandissement de sabres
qu'on dégaine

Amr Ibn Kalthûm
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Messagede Jacprevert le 03 Mar 2007, 14:13

La mère fait du tricot
Le fils fait la guerre
Elle trouve ça tout naturel la mère
Et le père qu'est-ce qu'il fait le père?
Il fait des affaires
Sa femme fait du tricot
Son fils la guerre
Lui des affaires
Il trouve ça tout naturel le père
Et le fils et le fils
Qu'est-ce qu'il trouve le fils?
Il ne trouve rien absolument rien le fils
Le fils sa mère fait du tricot son père des
affaires lui la guerre
quand il aura fini la guerre
il fera des affaires avec son père
La guerre continue la mère continue
elle tricote
Le père continue il fait des affaires
Le fils est tué il ne continue plus
Le père et la mère vont au cimetière
Ils trouvent ça tout naturel le père et la mère
La vie continue avec le tricot la guerre les affaires
les affaires la guerre le tricot la guerre
les affaires les affaires et les affaires
la vie avec le cimetière


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Messagede azayza le 04 Mar 2007, 00:36

LES BIJOUX

La très chère était nue, et, connaissant mon coeur,
Elle n'avait gardé que ses bijoux sonores,
Dont le riche attirail lui donnait l'air vainqueur
Qu'ont dans leurs jours heureux les esclaves des Mores.

Quand il jette en dansant son bruit vif et moqueur,
Ce monde rayonnant de métal et de pierre
Me ravit en extase, et j'aime avec fureur
Les choses où le son se mêle à la lumière.

Elle était donc couchée et se laissait aimer,
Et du haut du divan elle souriait d'aise
A mon amour profond et doux comme la mer,
Qui vers elle montait comme vers sa falaise.

Les yeux fixés sur moi, comme un tigre dompté
D'un air vague et rêveur elle essyait des poses,
Et la candeur unie à la lubricité
Donnait un charme neuf à ses métamorphoses;

Et son bras et sa jambe, et sa cuisse et ses reins,
Polis comme de l'huile, onduleux comme un cygne,
Passant devant mes yeux clairvoyant et sereins;
Et son ventre et ses seins, ces grappes de ma vigne,

S'avançaient plus calins que les anges du mal,
Pour troubler le repos où mon âme était mise,
Et pour la déranger du rocher cristal,
Où, calme et solitaire, elle s'était assise.

Je croyais voir unis par un nouveau dessin
Les hanches de de l'Antiope au buste d'un imberbe,
Tant sa taille faisait ressortir son bassin.
Sur ce teint fauve et brun, le fard était superbe!

-Et la lampe s'étant résignée à mourir,
Comme le foyer seul illuminait la chambre,
Chaque fois qu'il poussait un flamboyant soupir,
Il innondait de sang cette peau couleur d'ambre!

Charles Baudelaire - les fleurs du mal
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Messagede maynoussa le 04 Mar 2007, 00:52

azayza a écrit:LES BIJOUX

La très chère était nue, et, connaissant mon coeur,
Elle n'avait gardé que ses bijoux sonores,
Dont le riche attirail lui donnait l'air vainqueur
Qu'ont dans leurs jours heureux les esclaves des Mores.

Quand il jette en dansant son bruit vif et moqueur,
Ce monde rayonnant de métal et de pierre
Me ravit en extase, et j'aime avec fureur
Les choses où le son se mêle à la lumière.

Elle était donc couchée et se laissait aimer,
Et du haut du divan elle souriait d'aise
A mon amour profond et doux comme la mer,
Qui vers elle montait comme vers sa falaise.

Les yeux fixés sur moi, comme un tigre dompté
D'un air vague et rêveur elle essyait des poses,
Et la candeur unie à la lubricité
Donnait un charme neuf à ses métamorphoses;

Et son bras et sa jambe, et sa cuisse et ses reins,
Polis comme de l'huile, onduleux comme un cygne,
Passant devant mes yeux clairvoyant et sereins;
Et son ventre et ses seins, ces grappes de ma vigne,

S'avançaient plus calins que les anges du mal,
Pour troubler le repos où mon âme était mise,
Et pour la déranger du rocher cristal,
Où, calme et solitaire, elle s'était assise.

Je croyais voir unis par un nouveau dessin
Les hanches de de l'Antiope au buste d'un imberbe,
Tant sa taille faisait ressortir son bassin.
Sur ce teint fauve et brun, le fard était superbe!

-Et la lampe s'étant résignée à mourir,
Comme le foyer seul illuminait la chambre,
Chaque fois qu'il poussait un flamboyant soupir,
Il innondait de sang cette peau couleur d'ambre!

Charles Baudelaire - les fleurs du mal


eemmmmmm trés beau .. surtout le rose .. il y avait la gay parade de son temps za3ma?? Image

aiiee qqun c'est retourné dans sa tombe apparement :)))
invisible .°. fantôme

mirage ..
mauvais présage ..
gare á toi si tu te trouves sur mon passage..
vite ferme les yeux et tourne la page ..



Image®

May_NoussA


billehi chidd fi TA personnalité et TES expressions w yezzi blé tloussi9 w plagiat .. nafassna trah .. Image
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Messagede Phidias26 le 04 Mar 2007, 11:09

LE PHENIX

Je suis le dernier sur ta route
Le dernier printemps la dernière neige
Le dernier combat pour ne pas mourir

Et nous voici plus bas et plus haut que jamais

Il y a de tout dans nôtre bûcher
Des pommes de pin des sarments
Mais aussi des fleurs plus fortes que l'eau

De la boue et de la rosée

La flamme est sous nos pieds la flamme nous couronne
A nos pieds des insectes des oiseaux des hommes
Vont s'envoler

Ceux qui volent vont se poser

Le ciel est clair la terre est sombre
Mais la fumée s'en va au ciel
Le ciel a perdu tous ses feux

La flamme est restée sur la terre

Paul Eluard, Le Phénix (1951)
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Messagede Phidias26 le 04 Mar 2007, 18:42

VIEUX COUPLE

Dans les feuilles qui crissent,
ils parelent doucement
le vieux couple complice,
ils marchent lentement.

Dans les feuilles qui bruissent,
le vieux couple complice
évoque les secrets,
les regrets,
les joyeux souvenirs,
le petit avenir.
Ils parlent des choses partagées,
tant d'années
pas à pas
hauts et bas.

Et les feuilles s'envolent et tombent doucement.
Ils les regarderont tournoyer dans le vent,
mais n'évoqueront pas cette peur infinie
cet impossible, cette mélancolie
bientôt, un jour, demain,
ils ne seront plus deux qui la main dans la main
s'éloigneront complivces,
dans les feuilles qui crissent.

Michelle Daufresne, Petites émotions (1998)
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Messagede Phidias26 le 04 Mar 2007, 18:58

Sonnet

O si chère de loin et proche et blanche, si
Délicieusement toi, Mary, que je songe
A quelque baume rare émané par mensonge
Sur aucun bouquetier de cristal obscurci

Le sais-tu, oui ! pour moi voici des ans, voici
Toujours que ton sourire éblouissant prolonge
La même rose avec son bel été qui plonge
Dans autrefois et puis le futur aussi.

Mon coeur qui dans les nuits parfois cherche à s'entendre
Ou de quel dernier mot t'appeler le plus tendre
S'exalte en celui rien que chuchoté de soeur

N'était, très grand trésor et tête si petite,
Que tu m'enseignes bien toute une autre douceur
Tout bas par le baiser seul dans tes cheveux dite.

Stéphane Mallarmé (1842-1898)
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Messagede azayza le 05 Mar 2007, 00:38

On ne peut me connaitre
Mieux que tu me connais

Tes yeux dans lesquels nous dormons
Tous les deux
Ont fait à mes lumières d'homme
Un sort meilleur qu'aux nuits nuits du monde

Tes yeux dans lesquels je voyage
Ont donnéaux gestes des routes
Un sens détaché de la terre

Dans tes yeux ceux qui nous révèlent
Notre solitude infinie
Ne sont plus ce qu'ils croyait être

On peut te connaître
Mieux que je te connais

Paul ELUARD.
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Messagede Phidias26 le 05 Mar 2007, 23:47

azayza a écrit:On ne peut me connaitre
Mieux que tu me connais

Tes yeux dans lesquels nous dormons
Tous les deux
Ont fait à mes lumières d'homme
Un sort meilleur qu'aux nuits nuits du monde

Tes yeux dans lesquels je voyage
Ont donnéaux gestes des routes
Un sens détaché de la terre

Dans tes yeux ceux qui nous révèlent
Notre solitude infinie
Ne sont plus ce qu'ils croyait être

On peut te connaître
Mieux que je te connais

Paul ELUARD.


très beau poème que je découvre
d'un auteur touchant
avec des mots simples

...

un plaisir de lecture de plus :wink:
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Messagede azayza le 07 Mar 2007, 20:58



Ma présence n'est pas ici.
Je suis habillé de moi-même.
Il n'ya pas de planète qui tienne
La clarté existe sans moi.

Née de ma main sur mes yeux
Et me détournant de ma voie
L'ombre m'empêchede marcher sur ma couronne d'univers,
Dans le grand miroir habitable,
Miroir brisé, mouvant, inverse
Où l'habitude et la surprise
Créent l'ennui à tour de rôle.

Paul ELUARD-Défense de savoir.

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Messagede azayza le 07 Mar 2007, 21:00

Phidias26 a écrit:
un plaisir de lecture de plus :wink:



:wink: :wink: :wink:
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