Vos Poèmes Préférés...?Modérateurs: Les Amazones, Les Chevaliers
LA RESOLUTION DE PANDU
Le crâne rasé, errant sur la terre, Me nourrissant des fruits des forêts, Le corps couvert de poussière, Pour seul abri les arbres et les ruines, J'irai, préservé de la joie et de la peine : Ayant fui cette vie hypocrite, Maître de mes humeurs, bienveillant Et serein le reste de mes jours, Je maintiendrai une vertu tenace Et ferai de l'amour ma liberté - Les vers eux-mêmes seront mes enfants. Le Mahâbhârata, Inde Adaptation Gérard Cartier VIVRE ET LAISSER VIVRE
Mon pays est une perle discrète
Telles des traces dans le sable Mon pays est une perle discrète Tels des murmures des vagues Sous un bruissement vespéral Mon pays est un palimpseste Où s'usent mes yeux insomniques Pour traquer la mémoire Ousmane Moussa Diagana, Notule de rêve pour une symphonie amoureuse VIVRE ET LAISSER VIVRE
Colère, je t'ai appelée aux heures de soufre et de feu
quand toute terre tremble ! Qui t'a peuplée, ivresse, d'anges rugueux et creux quand toute terre tremble ? Les hommes ont mûri aux lourds soleils de paix la terre a accouché de larves et de monstres et la Pitié n'a plus de chemise, elle crie la Soif va-t-elle encore écheveler les sources quand toute terre tremble ? Benjamin FONDANE (1898 - 1944) L'Exode, XI Les poèmes de Fondane sont un acte de résistance à la violence de l'époque. Il est né à Jassy en Moldavie, en 1898. A Bucarest en 1919, il entre en contact avec toute l'avant-garde, puis part pour Paris en 1923 et commence à écrire en français en 1925. Petit frère de Rimbaud, son grand lyrisme brasse les images fiévreuses d'un destin malmené par l'Histoire. Il cherche le moyen de ne pas sombrer dans le silence tout en vivant le même ardent désir de fuite. Avant d'être déporté à Auschwitz fin mai 1944. VIVRE ET LAISSER VIVRE
ECOUTEZ !
Ecoutez ! Puisqu'on allume les étoiles c'est qu'elles sont à quelqu'un nécessaires ? C'est que quelqu'un désire qu'elles soient ? C'est que quelqu'un dit perle ces crachats ? Et, forçant la bourrasque à midi des poussières, il fonce jusqu'à Dieu craint d'arriver trop tard, pleure, baise sa main noueuse, implore - il lui faut une étoile ! - jure qu'il ne peut supporter ce martyre sans étoiles. Ensuite, il promène son angoisse, il fait semblant d'être calme. Il dit à quelqu'un : "Maintenant, tu vas mieux, n'est-ce pas T'as plus peur ? Dis ?" Ecoutez ! Puisqu'on allume les étoiles - c'est qu'elles sont à quelqu'un nécessaires ? C'est qu'il est - indispensable, que tous les soirs au-dessus des toits se mettre à luire seule au moins une étoile ? Vladimir MAIAKOVSKI (1893-1930) Russie, traduit par Elsa Triolet VIVRE ET LAISSER VIVRE
Elle te laisse voir quand seul à seul tu l'approches ...
deux bras pareils au col d'une chamelonne toute blanche jouvencelle racée qui n'a jamais conçu un sein plus moëlleux que bure d'ivoire préservé des mains des toucheurs et ces reins tendres longs et vivaces et ces rondeurs que leur voisinage alourdit et ces hauts de cuisses à resserrer la porte et cette taille qui affole ma folie et ces deux piliers d'ivoire et de marbre sonnant du cliquetis des bijoux Détresse comme la mienne n'éprouvèrent ni la mère d'un faon perdu, qui sans trêve gémit ni la vieille chenue à qui le mauvais sort de neuf enfants n'a laissé que des larves Quelle nostalgie n'eus-je pas d'elle en ce crépuscule où je la vis emportée par la caravane et que m'apparut le pays de Yamâma comme un brandissement de sabres qu'on dégaine Amr Ibn Kalthûm VIVRE ET LAISSER VIVRE
FamilialeLa mère fait du tricot
Le fils fait la guerre Elle trouve ça tout naturel la mère Et le père qu'est-ce qu'il fait le père? Il fait des affaires Sa femme fait du tricot Son fils la guerre Lui des affaires Il trouve ça tout naturel le père Et le fils et le fils Qu'est-ce qu'il trouve le fils? Il ne trouve rien absolument rien le fils Le fils sa mère fait du tricot son père des affaires lui la guerre quand il aura fini la guerre il fera des affaires avec son père La guerre continue la mère continue elle tricote Le père continue il fait des affaires Le fils est tué il ne continue plus Le père et la mère vont au cimetière Ils trouvent ça tout naturel le père et la mère La vie continue avec le tricot la guerre les affaires les affaires la guerre le tricot la guerre les affaires les affaires et les affaires la vie avec le cimetière Jacques Prévert
LES BIJOUX
La très chère était nue, et, connaissant mon coeur, Elle n'avait gardé que ses bijoux sonores, Dont le riche attirail lui donnait l'air vainqueur Qu'ont dans leurs jours heureux les esclaves des Mores. Quand il jette en dansant son bruit vif et moqueur, Ce monde rayonnant de métal et de pierre Me ravit en extase, et j'aime avec fureur Les choses où le son se mêle à la lumière. Elle était donc couchée et se laissait aimer, Et du haut du divan elle souriait d'aise A mon amour profond et doux comme la mer, Qui vers elle montait comme vers sa falaise. Les yeux fixés sur moi, comme un tigre dompté D'un air vague et rêveur elle essyait des poses, Et la candeur unie à la lubricité Donnait un charme neuf à ses métamorphoses; Et son bras et sa jambe, et sa cuisse et ses reins, Polis comme de l'huile, onduleux comme un cygne, Passant devant mes yeux clairvoyant et sereins; Et son ventre et ses seins, ces grappes de ma vigne, S'avançaient plus calins que les anges du mal, Pour troubler le repos où mon âme était mise, Et pour la déranger du rocher cristal, Où, calme et solitaire, elle s'était assise. Je croyais voir unis par un nouveau dessin Les hanches de de l'Antiope au buste d'un imberbe, Tant sa taille faisait ressortir son bassin. Sur ce teint fauve et brun, le fard était superbe! -Et la lampe s'étant résignée à mourir, Comme le foyer seul illuminait la chambre, Chaque fois qu'il poussait un flamboyant soupir, Il innondait de sang cette peau couleur d'ambre! Charles Baudelaire - les fleurs du mal
eemmmmmm trés beau .. surtout le rose .. il y avait la gay parade de son temps za3ma??
aiiee qqun c'est retourné dans sa tombe apparement ![]() invisible .°. fantôme
mirage .. mauvais présage .. gare á toi si tu te trouves sur mon passage.. vite ferme les yeux et tourne la page .. ®
May_NoussA billehi chidd fi TA personnalité et TES expressions w yezzi blé tloussi9 w plagiat .. nafassna trah .. ![]()
LE PHENIX
Je suis le dernier sur ta route Le dernier printemps la dernière neige Le dernier combat pour ne pas mourir Et nous voici plus bas et plus haut que jamais Il y a de tout dans nôtre bûcher Des pommes de pin des sarments Mais aussi des fleurs plus fortes que l'eau De la boue et de la rosée La flamme est sous nos pieds la flamme nous couronne A nos pieds des insectes des oiseaux des hommes Vont s'envoler Ceux qui volent vont se poser Le ciel est clair la terre est sombre Mais la fumée s'en va au ciel Le ciel a perdu tous ses feux La flamme est restée sur la terre Paul Eluard, Le Phénix (1951) VIVRE ET LAISSER VIVRE
VIEUX COUPLE
Dans les feuilles qui crissent, ils parelent doucement le vieux couple complice, ils marchent lentement. Dans les feuilles qui bruissent, le vieux couple complice évoque les secrets, les regrets, les joyeux souvenirs, le petit avenir. Ils parlent des choses partagées, tant d'années pas à pas hauts et bas. Et les feuilles s'envolent et tombent doucement. Ils les regarderont tournoyer dans le vent, mais n'évoqueront pas cette peur infinie cet impossible, cette mélancolie bientôt, un jour, demain, ils ne seront plus deux qui la main dans la main s'éloigneront complivces, dans les feuilles qui crissent. Michelle Daufresne, Petites émotions (1998) VIVRE ET LAISSER VIVRE
Sonnet
O si chère de loin et proche et blanche, si Délicieusement toi, Mary, que je songe A quelque baume rare émané par mensonge Sur aucun bouquetier de cristal obscurci Le sais-tu, oui ! pour moi voici des ans, voici Toujours que ton sourire éblouissant prolonge La même rose avec son bel été qui plonge Dans autrefois et puis le futur aussi. Mon coeur qui dans les nuits parfois cherche à s'entendre Ou de quel dernier mot t'appeler le plus tendre S'exalte en celui rien que chuchoté de soeur N'était, très grand trésor et tête si petite, Que tu m'enseignes bien toute une autre douceur Tout bas par le baiser seul dans tes cheveux dite. Stéphane Mallarmé (1842-1898) VIVRE ET LAISSER VIVRE
On ne peut me connaitre
Mieux que tu me connais Tes yeux dans lesquels nous dormons Tous les deux Ont fait à mes lumières d'homme Un sort meilleur qu'aux nuits nuits du monde Tes yeux dans lesquels je voyage Ont donnéaux gestes des routes Un sens détaché de la terre Dans tes yeux ceux qui nous révèlent Notre solitude infinie Ne sont plus ce qu'ils croyait être On peut te connaître Mieux que je te connais Paul ELUARD.
très beau poème que je découvre d'un auteur touchant avec des mots simples ... un plaisir de lecture de plus VIVRE ET LAISSER VIVRE
Ma présence n'est pas ici. Je suis habillé de moi-même. Il n'ya pas de planète qui tienne La clarté existe sans moi. Née de ma main sur mes yeux Et me détournant de ma voie L'ombre m'empêchede marcher sur ma couronne d'univers, Dans le grand miroir habitable, Miroir brisé, mouvant, inverse Où l'habitude et la surprise Créent l'ennui à tour de rôle. Paul ELUARD-Défense de savoir.
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