je l'aurai un jour..

Quand annonceront-ils la mort des arabes ?Modérateurs: Les Amazones, Les Chevaliers
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Merci beaucoup maynoussa pour le lien ..j'essayerai de télcharger quand j'aurai l'ADSL...
je l'aurai un jour.. ![]() "أفتح نوافذي لكلّ رياح العالم..لكن دون أن تقتلعني من جذوري "
(غاندي) هذاكه..علاش نكتب بالعربيّة..فصحى وعاميّة
!!! يا تحلّوه..يا نحّيوه..ورتّحونا منّه حتّى أنا خلطت لي العولمة
un petit coucou à toutes les amoureuses francophones de Nizar
JE SUIS POUR LE TERRORISME De terrorisme on nous accuse Si nous osons prendre défense De notre femme et de la rose Et de l'azur et du poème Si nous osons prendre défense D'une patrie sans eau sans air D'une patrie qui a perdu Sa tente et sa chamelle Et même son café noir. De terrorisme on nous accuse Si nous osons prendre défense De la crinière De la reine de Saba Des lèvres de Maysoun Des noms de nos plus belles filles, Du khol qui de leurs cils En pluie retombe Comme une chose révélée. Certes vous ne trouverez pas En ma possession De poésie secrète Ni de parler énigmatique Ou des ouvrages clandestins, Et par devers moi je ne garde Aucun poème traversant La rue, caché derrière son voile. De terrorisme on nous accuse Quand nous décrivons les dépouilles D'une patrie Décomposée et dénudée Et dont les restes en lambeaux Sont dispersés aux quatre vents…, D'une patrie Cherchant son adresse et son nom… D'une patrie ne conservant De ses antiques épopées Que les élégies de Khansa…, D'une patrie Où ni le rouge, ni le jaune, ni le vert Ne teignent plus les horizons…, D'une patrie qui nous défend D'écouter les informations Ou d'acheter quelque journal…, D'une patrie où les oiseaux Sont censurés dans leurs chansons, D'une patrie où, terrifiés, Les écrivains ont pris le pli D'écrire la page du néant…, D'une patrie Qui ressemblerait dans sa forme A la poésie Dans notre pays Sorte de langage égaré Improvisé Sans aucun lien avec les êtres Sans aucun lien avec leur terre Ni avec les problèmes Dans lesquels ils se débattent vainement, D'une patrie allant pieds nus Et sans aucune dignité Vers la paix négociée… D'une patrie Où les hommes pris de panique Ont fait pipi dans leurs culottes Et où ne restent que les femmes. Le sel amer est dans nos yeux Et sur nos lèvres, Il est dans nos propres propos. Notre âme a-t-elle été touchée De stérilité héritée Léguée par la tribu Kahtane. Dans notre nation, Il n'y a plus de Mu'awya Plus de Abu Sufiane Plus personne pour crier 'Gare' ! A la face de ceux qui ont abandonné A autrui notre foyer Et notre huile et notre pain Transformant notre maison Si heureuse en capharnaum. Il ne reste plus rien de notre poésie Qui n'ait sur le lit du tyran Perdu sa virginité. Du mépris nous avons pris Le pli de l'habitude. Que reste-t-il donc de l'homme Lorsqu'il s'habitue au mépris ? Je recherche dans les feuilles de l'Histoire Usaman Ibn Munkid Okba Ibn Nafi', Je recherche Omar, Je recherche Hamza, Et Khalid chevauchant Vers la Grande Syrie, Je recherche al Mu'tacim Sauvant les femmes De la barbarie des envahisseurs Et des furies des flammes, Je recherche dans ce siècle attardé Et ne trouve dans la nuit Que des chats apeurés Craignant pour leur personne Le pouvoir des souris. Avons-nous été atteints De nationale cécité ? Ou bien tout simplement Souffrons-nous de daltonisme ? De terrorisme on nous accuse Quand nous refusons notre mort Sous les râteaux israéliens Qui ratissent notre terre Qui ratissent notre Histoire Qui ratissent notre Evangile Qui ratissent notre Coran Et le sol de nos prophètes. Si c'est là notre crime Que vive le terrorisme ! De terrorisme on nous accuse Si nous refusons que les Juifs Que les Mongols et les Barbares Nous effacent de leur main. Oui, nous lançons des pierres Sur la maison de verre Du Conseil de Sécurité Soumis à l'empereur suprême. De terrorisme on nous accuse Lorsque nous refusons De négocier avec les loups Et de tendre nos deux bras A la prostitution. L'Amérique Ennemie de la culture humaine Elle-même sans culture, Ennemie de l'urbaine civilisation Dont elle-même est dépourvue, L'Amérique Bâtisse géante Mais sans murs. De terrorisme on nous accuse Si nous refusons un siècle Où ce pays de lui-même satisfait S'est érigé En traducteur assermenté De la langue des Hébreux. "أفتح نوافذي لكلّ رياح العالم..لكن دون أن تقتلعني من جذوري "
(غاندي) هذاكه..علاش نكتب بالعربيّة..فصحى وعاميّة
!!! يا تحلّوه..يا نحّيوه..ورتّحونا منّه حتّى أنا خلطت لي العولمة
Merci beaucoup pour cet enchantement de lire Nizar en français, ce qui est rare pour moi: Donc, je pense que je mérite ton coucou
C'était une occasion aussi de découvrir la version french de "khobz, 7ashish wa 9amar" l'une des meilleurs poèmes de Nizar et qui lui a marqué dans sa vie: elle n'est pas évidente politiquement.(elle date de 1954). PAIN, HASHISH ET CROISSANT DE LUNE Lorsqu'en Orient, naît la lune Les blanches terrasses s'assoupissent Dans des amas de fleurs, Les gens abandonnent leurs échoppes Et vont ensemble A la rencontre de la lune. Ils portent leur pain, leur phonographe Et les accessoires de leur drogue Jusqu'au sommet des montagnes. Ils vendent et achètent Rêves et rêveries Et se meurent Quand la lune est en vie. Que fait de mon pays Un filet de lumière ? Que fait-il du pays des prophètes Et des âmes naïves Celles qui mastiquent leur tabac Et qui font le commerce De la drogue ? Pendant les nuits d'Orient Où pleine lune devient le croissant L'Orient lui se dévêt De toute dignité, Démissionne de tout combat. Les millions qui courent sans sandales Qui croient en la quadrigamie Et en la fin du monde, Les millions qui ne rencontrent le pain Que dans le rêve Qui, la nuit, habitent les masures de la toux, Qui jamais n'ont connu la forme des médicaments, Meurent, cadavres, sous la lune, Dans mon pays Où les âmes naïves pleurent Et meurent dans leurs larmes Chaque fois que leur apparaît le croissant, Et pleurent davantage Chaque fois qu'un luth plaintif les émeut, Chaque fois que les émeut L'hymne à la nuit du "Ya Lili" Mort qu'en Orient Nous appelons "Tawashih" et "Ya Lili". Dans mon pays Celui des âmes naïves Où nous ruminons les longs vers des tawashih Cette tuberculose qui détruit l'Orient, Ces longues rangaines chantées, Ce notre Orient qui rumine Histoire, rêves langoureux et légendes surannées, Cet Orient recherchant tout héroïsme Dans la Geste De Abu Zaïd al Hilali
Belkis
Merci à vous, Merci à vous, Assassinée, ma bien aimée ! Vous pourrez dès lors Sur la tombe de la martyre Porter votre funèbre toast. Assassinée ma poésie ! Est-il un peuple au monde, Excepté nous- Qui assassine le poème ? O ma verdoyante Ninive ! O ma blonde bohémienne ! O vagues du Tigre printanier ! O toi qui portes aux chevilles Les plus beaux des anneaux ! Ils t’ont tuée, Balkis ! Quel peuple arabe Celui-là qui assassine Le chant des rossignols ! Balkis, la plus belle des reines Dans l’histoire de Babel ! Balkis, le plus haut des palmiers Sur le sol d’Irak ! Quand elle marchait Elle était entourée de paons, Suivie de faons. Balkis, ô ma douleur ! O douleur du poème à peine frôlé du doigt ! Est-il possible qu’après ta chevelure Les épis s’élèveront encore vers le ciel ? Où est donc passé ? Où est donc parti ? Les anciens preux, où sont-ils ? Il n’y a plus que des tribus tuant des tribus, Des renards tuant des renards, Et des araignées tuant d’autres araignées. Je te jure par tes yeux Où viennent se réfugier des millions d’étoiles Que, sur les Arabes, ma lune, Je raconterai d’incroyables choses L’héroïsme n’est-il qu’un leurre arabe ? Ou bien, comme nous, l’Histoire est-elle mensongère ? Balkis, ne t’éloigne pas de moi Car, après toi, le soleil Ne brille plus sur les rivages. Au cours de l’instruction je dirai : Le voleur s’est déguisé en combattant, Au cours de l’instruction je dirai : Le guide bien doué n’est qu’un vilain courtier. Je dirai que cette histoire de rayonnement (arabe) N’est une plaisanterie, la plus mesquine, Voilà donc toute l’Histoire, ô Balkis ! Comment saura-t-on distinguer Entre les parterres fleuris Et les monceaux d’immondices ? Blakis, toi la martyre, toi le poème, Toi la toute-pure, toit la toute-sainte. Le peuple de Saba, Balkis, cherche sa reine des yeux, Rends donc au peuple son salut ! Toi la plus noble des reines, Femme qui symbolise toutes les gloires des époques sumériennes ! Balkis, toi mon oiseau le plus doux, Toi mon icône la plus précieuse, Toi larme répandue sur la joue de la Madeleine ! Ai-je été injuste à ton égard En t’éloignant des rives d’Al A’damya ? Beyrouth tue chaque jour l’un de nous, Beyrouth chaque jour court après sa victime. La mort rôde autour de la tasse de notre café, La mort rôde dans la clé de notre appartement, Elle rôde autour des fleurs de notre balcon, Sur le papier de notre journal, Et sur les lettres de l’alphabet. Balkis ! sommes-nous une fois encore Retournés à l’époque de la jahilia ? Voilà que nous entrons dans l’ère de la sauvagerie, De la décadence, de la laideur, Voilà que nous entrons une nouvelle fois Dans l’ère de la barbarie, Ere où l’écriture est un passage Entre deux éclats d’obus, Ere où l’assassinat d’un frelon dans un champ Est devenu la grande affaire. Connaissez-vous ma bien aimée Balkis ? Elle est le plus beau texte des œuvres de l’Amour, Elle fut un doux mélange De velours et de beau marbre. Dans ses yeux on voyait la violette S’assoupir sans dormir. Balkis, parfum dans mon souvenir ! O tombe voyageant dans les nues ! Ils t’ont tuée à Beyrouth Comme n’importe quelle autre biche, Après avoir tué le verbe. Balkis, ce n’est pas une élégie que je compose, Mais je fais mes adieux aux Arabes, Balkis, tu nous manques... tu nous manques... Tu nous manques... La maisonnée recherche sa princesse Au doux parfum qu’elle traîne derrière elle. Nous écoutons les nouvelles, Nouvelles vagues, sans commentaires. Balkis, nous sommes écorchés jusqu’à l’os. Les enfants ne savent pas ce qui se passe, Et moi, je ne sais pas quoi dire... Frapperas-tu à la porte dans un instant ? Te libéreras-tu de ton manteau d’hiver ? Viendras-tu si souriante et si fraîche Et aussi étincelante Que les fleurs des champs ? Balkis, tes épis verts Continuent à pleurer sur les murs, Et ton visage continue à se promener Entre les miroirs et les tentures. Même la cigarette que tu viens d’allumer Ne fut pas éteinte, Et sa fumée persistante continue à refuser De s’en aller. Balkis, nous sommes poignardés Poignardés jusqu’à l’os Et nos yeux sont hantés par l’épouvante. Balkis, comment vas-tu pu prendre mes jours et mes rêves ? Et as-tu supprimé les saisons et les jardins ? Mon épouse, ma bien aimée, Mon poème et la lumière de mes yeux, Tu étais mon bel oiseau, Comment donc as-tu pu t’enfuir ? Balkis, c’est l’heure du thé irakien parfumé Comme un bon vieux vin, Qui donc distribuera les tasses, ô girafe ? Qui a transporté à notre maison L’Euphrate, les roses du Tigre et de Balkis, la tristesse me transperce. Beyrouth qui t’a tuée ignore son forfait, Beyrouth qui t’a aimée Ignore qu’elle a tué sa bien aimée Et qu’elle a éteint la lune. Balkis ! Balkis ! Balkis ! Tous les nuages te pleurent, Qui donc pleurera sur moi ? Balkis, comment vas-tu pu disparaître en silence Sans avoir posé tes mains sur mes mains ? Balkis, comment as-tu pu nous abandonner Ballottés comme feuilles mortes par le vent ballottées, Comment nous as-tu abandonnés nous trois Perdus comme une plume dans la pluie ? As-tu pensé à moi Moi qui ai tant besoin de ton amour, Comme Zeinab, comme Omar ? Balkis, ô trésor de légende ! O lance irakienne ! O forêt de bambous ! Toi dont la taille a défié les étoiles, D’où as-tu apporté toute cette fraîcheur juvénile ? Balkis, toi l’amie, toi la compagne, Toi la délicate comme une fleur de camomille. Beyrouth nous étouffe, la mer nous étouffe, Le lieu nous étouffe. Balkis, ce n’est pas toi qu’on fait deux fois, Il n’y aura pas de deuxième Balkis. Balkis ! les détails de nos liens m’écorchent vif, Les minutes et les secondes me flagellent de leurs coups, Chaque petite épingle a son histoire, Chacun de tes colliers en a plus d’une, Même tes accroche-cœur d’or Comme à l’accoutumée m’envahissent de tendresse. La belle voix irakienne s’installe sur les tentures, Sur les fauteuils et les riches vaisselles. Tu jaillis des miroirs Tu jaillis de tes bagues, Tu jallis du poème, Des cierges, des tasses Et du vin de rubis. Balkis, si tu pouvais seulement Imaginer la douleur de nos lieux ! A chaque coin, tu volettes comme un oiseau, Et parfumes le lieu comme une forêt de sureau. Là, tu fumais ta cigarette, Ici, tu lisais, Là-bas tu te peignais telle un palmier, Et, comme une épée yéménite effilée, A tes hôtes tu apparaissais. Balkis, où est donc le flacon de Guerlain ? Où est le briquet bleu ? Où est la cigarette Kent ? Qui ne quittait pas tes lèvres ? Où est le hachémite chantant Son nostalgique chant ? Les peignes se souviennent de leur passé Et leurs larmes se figent ; Les peignes souffrent-ils aussi de leur chagrin d’amour ? Balkis, il m’est dur d’émigrer de mon sang Alors que je suis assiégé entre les flammes du feu Et les flammes des cendres. Balkis, princesse ! Voilà que tu brûles dans la guerre des tribus. Qu’écrirais-je sur le voyage de ma reine, Car le verbe est devenu mon vrai drame ? Voilà que nous recherchons dans les entassements des victimes Une étoile tombée du ciel, Un corps brisé en morceaux comme un miroir brisé. Nous voilà nous demander, ô ma bien aimé, Si cette tombe est la tienne Ou bien celle en vérité de l’arabisme ? Balkis, ô sainte qui as étendu tes tresses sur moi ! O girafe de fière allure ! Balkis, notre justice arabe Veut que nos propres assassins Soient des Arabes, Que notre chair soit mangée par des Arabes, Que notre ventre soit éventré par des Arabes, Comment donc échapper à ce destin ? Le poignard arabe ne fait pas de différence Entre les gorges des hommes Et les gorges des femmes. Balkis, s’ils t’ont fait sauter en éclats, Sache que chez nous Toutes les funérailles commencent Et finissent à Karbala Je ne lirai plus l’Histoire dorénavant, Mes doigts sont brûlés Et mes habits sont entachés de sang. Voilà que nous abordons notre âge de pierre, Chaque jour, nous reculons mille ans en arrière ! A Beyrouth la mer A démissionné Après le départ de tes yeux, La poésie s’interroge sur son poème Dont les mots ne s’agencent plus, Et personne ne répond plus à la question, Le chagrin, Balkis, presse mes yeux comme une orange. Las ! je sais maintenant que les mots n’ont pas d’issue, Et je connais le gouffre de la langue impossible ; Moi qui ai inventé le style épistolaireBR> Je ne sais par quoi commencer une lettre, Le poignard pénètre mon flanc Et le flanc du verbe. Balkis, tu résumes toute civilisation, La femme n’est-elle pas civilisation ? Balkis, tu es ma bonne grande nouvelle. Qui donc m’en a dépouillé ? Tu es l’écriture avant toute écriture, Tu es l’île et le sémaphore, Balkis, ô lune qu’ils ont enfouie Parmi les pierres ! Maintenant le rideau se lève, Le rideau se lève. Je dirai au cours de l’instruction Que je connais les noms, les choses, les prisonniers, Les martyrs, les pauvres, les démunis. Je dirai que je connais le bourreau qui a tué ma femme Je reconnais les figures de tous les traîtres. Je dirai que votre vertu n’est que prostitution Que votre piété n’est que souillure, Je dirai que notre combat est pur mensonge Et que n’existe aucune différence Entre politique et prostitution. Je dirai au cours de l’instruction Que je connais les assassins, Je dirai que notre siècle arabe Est spécialisé dans l’égorgement du jasmin, Dans l’assassinat de tous les prophètes, Dans l’assassinat de tous les messagers. Même les yeux verts Les Arabes les dévorent, Même les tresses, mêmes les bagues, Même les bracelets, les miroirs, les jouets, Même les étoiles ont peur de ma patrie. Et je ne sais pourquoi, Même les oiseaux fuient ma patrie. Et je ne sais pourquoi, Même les étoiles, les vaisseaux et les nuages, Même les cahiers et les livres, Et toutes choses belles Sont contre les Arabes. Hélas, lorsque ton corps de lumière a éclaté Comme une perle précieuse Je me suis demandé Si l’assassinat des femmes N’est pas un dada arabe, Ou bien si à l’origine L’assassinat n’est pas notre vrai métier ? Balkis, ô ma belle jument Je rougis de toute mon Histoire. Ici c’est un pays où l’on tue les chevaux, Ici c’est un pays où l’on tue les chevaux. Balkis, depuis qu’ils t’ont égorgée O la plus douce des patries L’homme ne sais comment vivre dans cette patrie, L’homme ne sait comment vivre dans cette patrie. Je continue à verser de mon sang Le plus grand prix Pour rendre heureux le monde, Mais le ciel a voulu que je reste seul Comme les feuilles de l’hiver. Les poètes naissent-ils de la matrice du malheur ? Le poète n’est-il qu’un coup de poignard sans remède porté au cœur ? Ou bien suis-je le seul Dont les yeux résument l’histoire des pleurs ? Je dirai au cours de l’instruction Comment ma biche fut tuée Par l’épée de Abu Lahab, Tous les bandits, du Golfe à l’Atlantique Détruisent, incendient, volent, Se corrompent, agressent les femmes Comme le veut Abu Lahab, Tous les chiens sont des agents Ils mangent, se soûlent, Sur le compte de Abu Lahab, Aucun grain sous terre ne pousse Sans l’avis de Abu Lahab Pas un enfant qui naisse chez nous Sans que sa mère un jour N’ait visité la couche de Abu Lahab, Pas une tête n’est décapitée sans ordre de Abu Lahab La mort de Balkis Est-elle la seule victoire Enregistrée dans toute l’Histoire des Arabes ? Balkis, ô ma bien aimée, bue jusqu’à la lie ! Les faux prophètes sautillent Et montent sur le dos des peuples, Mais n’ont aucun message ! Si au moins, ils avaient apporté De cette triste Palestine Une étoile, Ou seulement une orange, S’ils nous avaient apporté des rivages de Ghaza Un petit caillou Ou un coquillage, Si depuis ce quart de siècle Ils avaient libéré une olive Ou restitué une orange, Et effacé de l’Histoire la honte, J’aurais alors rendu grâce à ceux qui t’ont tuée O mon adorée jusqu’à la lie ! Mais ils ont laissé la Palestine à son sort Pour tuer une biche ! Balkis, que doivent dire les poètes de notre siècle ! Que doit dire le poème Au siècle des Arabes et non Arabes, Au temps des païens, Alors que le monde Arabe est écrasé Ecrasé et sous le joug, Et que sa langue est coupée. Nous sommes le crime dans sa plus parfaite expression ; Alors écartez de nous nos œuvres de culture. O ma bien aimée, ils t’ont arrachée de mes mains, Ils ont arraché le poème de ma bouche, Ils ont pris l’écriture, la lecture, L’enfance et l’espérance. Balkis, Balkis, ô larmes s’égouttant sur les cils du violon ! Balkis, ô bien aimée jusqu’à la lie ! J’ai appris les secrets de l’amour à ceux qui t’ont tuée, Mais avant la fin de la course, Ils ont tué mon poulain. Balkis, je te demande pardon ; Peut être que ta vie a servi à racheter la mienne Je sais pertinemment Que ceux qui ont commis ce crime Voulaient en fait attenter à mes mots. Belle, dors dans la bénédiction divine, Le poème après toi est impossible Et la féminité aussi est impossible. Des générations d’enfants Continueront à s’interroger sur tes longues tresses, Des générations d’amants Continueront à lire ton histoire O parfaite enseignante ! Les Arabes sauront un jour Qu’ils ont tué une messagère QU’ILS...ON....TU...E...UNE....MES...SA...GERE.
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Prenez garde à la tristesse, c'est un vice. Flaubert a33azizy, ![]()
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